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Bernard Kouchner a accepté d’aller au Quai d’Orsay pour la gloire? Comme dirait Ségolène Royal, mettre son ambition au service de la nation peut être avantageux.
Bernard Kouchner est un « atlantiste » favorable à la Guerre en Irak de 2003? Nous le savions tous et, avant d’être élu et encore Ministre, Nicolas Sarkozy a rencontré George W Bush pour « s’excuser » de l’attitude de la France lors de cette période.
Dans ces conditions, pourquoi condamner le Ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner lorsqu’il demande à son Pays et au Monde de se préparer « au pire », c’est-à-dire à « la guerre », au sujet du dossier iranien?
Parce que l’actuel chef de la diplomatie française reproduit en 2007 les mêmes erreurs que le Président américain en 2002 et 2003. Et que quatre ans après, alors que les leçons de ces erreurs sont enseignées au quotidien, une telle attitude de la part d’un responsable de la République relève de l’inconscience et que cette dernière ne peut être tolérée au plus haut sommet de l’État. L’amour de sa personne et les feux des projecteurs ont aliéné Bernard Kouchner. C’est regrettable! Un « french doctor » doit soigner, non envoyer ses soldats se faire tuer quand il est ministre.
Voir la chronique Kouchner ou la folie du pouvoir pour l’APEM.
Être Premier Ministre depuis cinq ans et éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle tant attendue avec un score de moins de 20% et proche des 15 : ça marque certainement un homme. Et ça ne peut certainement pas s’oublier!
Cependant, l’engagement -comme l’engagement politique- ne demande-t-il pas d’être responsable? De faire preuve d’une responsabilité qu’un homme ordinaire n’est pas censé avoir? Un ancien Premier Ministre comme Lionel Jospin est-il excusable lorsqu’il sombre dans l’amertume et les actes de vengeances absurdes à répétition?
Son dernier livre l’aura certainement plongé encore une fois dans une « impasse ». C’est à croire qu’il est malchanceux! Allègre, Bartolone, Lienemann et d’autres se font de l’argent en écrivant un livre contre Ségolène Royal et lorsque lui s’y met aussi, il semble que les livres qui sont faits pour « critiquer pour critiquer » ne soient plus appréciés de la société. En tout cas, de la classe politique. Un peu, ça va. Trop, c’est trop! Comme la télé-réalité, l’attaque littéraire des personnes semble s’être tuée elle-même. Tant mieux! Mais où sont les livres politiques de propositions? Jean-Luc Mélenchon, en bon agrégé de Philosophie qu’il est, a su se livrer à un travail d’analyses exemplaire entre le « communisme d’État » et la « social-démocratie ». Mais ce livre qui n’a pas pour finalité d’attaquer Ségolène Royal déclenche-t-il un emballement médiatique comme l’œuvre médiocre de Jospin?
Pour être condamné, il faut donc déraper. Mais pour intéresser, il faut déraper aussi. Quand au livre parfait, il faudra encore attendre : comme le dit Jean-Luc Mélenchon lui-même, il n’a pas fait un travail d’attaques, mais ce n’est pour cela qu’il faut être d’accord avec la thèse de son ouvrage.
Voir la chronique Au revoir Monsieur Jospin! sur Cent Papiers.
Ne nous y trompons pas! Le projet Hortefeux sur la maîtrise de l’immigration n’a pour but que de satisfaire l’électorat lepénien de Nicolas Sarkozy. C’est par conséquent encourager au racisme et non le combattre. Et c’est ce qui est « inacceptable », pour reprendre une expression favorite du Président de la République (qui interviendra ce soir à 20 heures à la télévision).
Mais si ce projet est indigne d’une démocratie et pour tout républicain; les réactions folles des opposants à ce texte ne sont pas justifiées. Elles ne font que décrédibiliser les adversaires de ce projet. La sérénité est la première arme pour répliquer. Non l’emportement.
Sur la question de l’ADN en elle-même, et non de l’amendement Mariani, ne faut-il pas avouer qu’à l’avenir donner son identité génétique sera logique pour être entièrement citoyen comme aujourd’hui il paraît normal de donner son empreinte digitale pour faire sa carte d’identité?
En Avril dernier, le peloton cycliste professionnel était d’ailleurs favorable à l’obligation de la fourniture de son ADN après que Jan Ullrich ait été confondu dans l’affaire Puerto grâce à cette dernière. Les tests ADN s’imposent donc! Et l’honnêteté n’est pas une atteinte à la morale ou à la dignité d’une personne. Loin de là!
Voir la chronique Tests ADN pour tous! pour l’APEM
Pauvre France! Pauvre en médailles aux Championnats du Monde d’Athlétisme à Osaka! Un peu plus pauvre encore en grands hommes de l’Histoire vivants depuis les décès de Raymond Barre et Pierre Messmer. A propos de ce dernier, le 19/20 de France 3 aurait pu annoncer sa mort en Une et lui consacrer au moins un reportage plutôt qu’une phrase très courte et difficile à remarquer si le téléspectateur est distrait sur le moment comme ça arrive souvent. Pauvre journalisme de France 3, donc!
Pauvres de nous! Aussi. En effet, l’époque politique actuelle n’est pas à notre avantage. S’il semble désormais passé le temps où un homme politique pouvait changer d’idées comme les sociétés de décennies comme le fît Jacques Chirac tout au long de sa carrière, la communication massive n’a pas arrangé la politique pour autant. Désormais, un fait divers fait une loi. Il est vrai qu’à ce rythme, l’existence de la justice semble à terme impossible et la société tombe dans le désir de vengeance. Alerte donc! Alerte très bien expliquée d’ailleurs par Elisabeth Lévy dans son article Le Président de toutes les victimes pour l’édition de Marianne en kiosque du 1er au 7 Septembre 2007 inclus.
Pauvres PS aussi! Il n’a qu’une obsession désormais : se rénover. C’est-à-dire couper définitivement avec son inspiration actuelle marxiste alors que le Gouvernement Jospin était accusé de « libéralisme ». Souvenons-nous! En 2002, Jean-Pierre Chevènement disait même tout au long de la campagne présidentielle que Chirac et Jospin, c’étaient « bonnet blanc et blanc bonnet ». Accusés de « libéralisme » depuis au moins dix ans, les socialistes français se croient encore inspirés par Marx?
Se rénover, c’est-à-dire être plus en phase avec la société actuelle. Pour cela, François Hollande a déclaré dans son discours à l’université d’été de La Rochelle le week-end dernier que son Parti devait revenir à la réflexion afin de contrer la politique réactionnelle de Nicolas Sarkozy. Mais François Hollande ne sait-il pas que Ségolène Royal a perdu l’élection présidentielle parce que justement elle n’a pas su jouer des faits divers comme l’a habilement fait Nicolas Sarkozy parce qu’il a compris que la société actuelle veut une politique réactionnelle, qu’elle en a marre de la réflexion et qu’elle veut l’action? « L’action », c’était d’ailleurs « le seul mot à la bouche » de Dominique de Villepin : « Moi, ma priorité, c’est l’action ». Le problème, c’est que pour agir, il faut réfléchir. Entre vérité et contradiction, le PS donc.
Finalement, tant mieux parce que la politique en France est devenue un show comme aux Etats-Unis! Mais pour notre plus grand malheur!
Voir la chronique Pauvre France!
Je l’avais dit en la voyant pendant des mois de campagne : si Nicolas Sarkozy est élu, elle sera Ministre de la Justice. Moi qui n’aime pas parier parce qu’on ne parie pas quand il s’agit d’intérêt général, je dois reconnaître que j’aurais pu récolter un mois de salaire si je m’étais laissé aller.
Quel est le problème aujourd’hui? Deux frères de Rachida Dati sont des « voyous ». Une chose est sûre : ils ne seront pas graciés. Pourquoi? Parce que c’est le candidat de leur sœur qui est passé et que leur sœur, qui est la Garde des Sceaux, veut un système judiciaire ferme, plus ferme. Notamment pour les récidivistes.
A moins qu’il y ait des guerres internes dans la famille Dati, mais sinon il n’est pas possible de dire que la Ministre française laisse ses sentiments familiaux influencer sa réflexion. Comme quoi, tout n’est pas génétique. Comme quoi elle n’est pas toujours en phase avec la Philosophie sarkozyenne.
Ne pas mêler sentiment personnel et vie professionnelle, c’est -je le crois- un exemple. L’exemple Rachida. (Uniquement pour le moment?)
Voir la chronique : L’exemple Rachida sur Cent Papiers
Nicolas Sarkozy est le seul homme politique depuis quelques années à faire tous les JT français du premier au dernier jour de l’an. Alors, maintenant qu’il est « enfin » Président (: il le voulait tant!), pourquoi s’étonner de sa présence -omniprésence?- dans les médias?
Depuis cinq ans, nous avons pu assister au volontariat de l’homme. Alors pourquoi jouer les surpris maintenant qu’il est aux manettes suprêmes? Pourquoi dénoncer son tempérament alors que les Français n’en pouvaient plus de l’inexistence chiraquienne?
Le candidat de l’UMP a été élu démocratiquement. Pourquoi donc craindre une dictature, un retour au Troisième Empire? Pour installer pareil régime, il faudrait d’abord qu’il n’est pas l’aval du peuple et ensuite qu’il ne craigne pas d’être haï par l’Histoire. Or, l’enfant de Neuilly aime trop être aimé pour se ranger sur le banc des leaders sanguinaires. Il ne sera donc pas le leader d’un régime autoritariste et respectera toujours les élections démocratiques.
Le problème de la démocratie -mais y a-t-il meilleur modèle?- c’est qu’une élection se déroule à un instant t et que c’est donc l’humeur majoritaire de cet instant qui l’emporte et que l’humeur change avec le temps. C’est pourquoi le Peuple élit, mais que plus tard la rue empêche de gouverner.
Si Nicolas Sarkozy n’est pas devenu un dictateur aujourd’hui, un problème apparaît en revanche. Sa présidence ne respecte pas la Constitution de 1958, qui veut que le Gouvernement gouverne et que le Président soit arbitre (cinquième article). Pour continuer dans son style et dans le respect de la Cinquième République, le Président devra donc modifier la Constitution : ce qu’il annoncera dans les prochains jours.
Malgré ce changement, y aura-t-il un Parlement vivant pour représenter la nation et son humeur du jour? Seule l’opposition en détient la clef. C’est sa responsabilité.
Les Ministres auront-ils encore une place importante? L’ouverture a un avantage et un défaut : elle plaît aux Français parce qu’ils ne supportent plus les querelles stériles entre adversaires politiques et ont été séduits par l’idée -absurde- de François Bayrou. Le problème, c’est que les Ministres de l’ouverture donnent le sentiment qu’ils ne sont pas vrais puisque pas vraiment chez eux. C’est pourquoi la France est aujourd’hui -et a priori pour longtemps- sans Gouvernement, ni Parlement.
Quelques strauss-kahniens étaient venus sur Cent Papiers qualifier ma chronique La Faute à DSK, publiée le 19 Juin dernier, de « ségolâtre ». Pourtant, dans cette chronique, je ne prenais pas la défense de Ségolène Royal, mais je tenais à dire (à rappeler?) que la politique, c’est d’abord des idées, des concepts. Et qu’au plus Dominique Strauss-Kahn glissait à Droite (il n’est plus un homme de Gauche depuis longtemps), au plus il enfonçait le Parti Socialiste français. Pour une bonne et simple raison, c’est qu’il vaut mieux l’original à la copie. Par sa présence, DSK a donc brouiller les frontières entre le programme de François Bayrou et celui de la candidate socialiste. Programme composé par le PS lui-même et non la candidate. « […] De plus, une copie ne vaut jamais l’original. C’est pourquoi au plus Dominique Strauss-Kahn se rend populaire auprès de certains, au plus il handicape fortement son soi-disant camp. »
Dans ma chronique, j’écrivais aussi que l’attitude de Dominique Strauss-Kahn de vouloir copier l’adversaire pour lui prendre la place ne relevait pas de l’engagement politique et que parce qu’une démocratie n’existe que s’il y a débat, il est nécessaire d’avoir deux conceptions différentes de la société : « […] La politique d’un Pays a besoin de deux visions distinctes et différentes de la société. Il faut donc une Droite et une Gauche avec deux Partis centraux de la Droite et de la Gauche. Ainsi, le Parti Socialiste n’a pas à être un faux Parti de Droite pour gagner quand les idées de Droite sont à la mode, mais de personnalités de Gauche qui prouvent que le plus juste est de voter pour elles et non pour l’adversaire. […] ».
Aujourd’hui, Cent Papiers publie ma chronique Ségo la menteuse! qui fait suite aux propos de Ségolène Royal sur le SMIC à 1500 euros et la généralisations des 35 heures. Dans cette chronique, je m’étonne que l’ex-candidate à l’élection présidentielle donne aussi facilement raison à ses adversaires. Il est clair qu’aujourd’hui la crédibilité de sa candidature 2012 est profondément remise en question, mais qu’aucun remplaçant ne peut déjà être envisagé : « […] Ségolène Royal a perdu toute crédibilité. Pour l’opposition (ndlr : le PS), la victoire de 2012 s’éloigne et Ségolène Royal reste malgré tout plus crédible que les éléphants. Paradoxe ? […] ».
Il faudrait que les politiques -dont en particulier Ségolène Royal- comprennent que la politique, c’est d’abord croire en des idées et que ces dernières sont atemporelles. Platon a d’ailleurs fait un travail remarquable là-dessus. Hélas, la gazelle lui préfère Bayrou! Ce n’est vraiment pas de cette façon que la Gauche va bien se refonder et que ce Pays ira mieux!
Quand aux strauss-kahniens qui traitaient hier ma chronique de « ségolâtre », ils ne pourront pas cette fois me qualifier de « ségoléniste ». Je tiens à mon indépendance et ai compris depuis bien longtemps qu’il ne fallait faire confiance en personne. C’est pourquoi je vote toujours après réflexion et jamais par adhésion.
Avec l’Internet, l’adoption massive de l’ADSL et la généralisation des ordinateurs dans les foyers, la télévision ne peut plus être considérée comme le premier moyen de divertissement pour le citoyen. L’époque des Carpentier est finie depuis longtemps et désormais, il est impensable que se divertir demande l’attente du déroulement du programme prévu par les différentes chaînes. Se divertir aujourd’hui, c’est tout de suite et comme on le veut! C’est pourquoi, au lieu de créer « Secret Story » sur TF1, il vaudrait mieux que des émissions instructives soient programmées à des heures de grande écoute. Comme par exemple Enquête exclusive, qui est consacrée ce soir (à 23 heures sur M6) à la situation au Darfour.
Le Darfour, justement! N’oublions pas ce qui se passe là-bas! Sur la lancée du sommet européen, si le soi-disant héros de la prise d’otage de l’école de Neuilly en 1993 -aujourd’hui Président de la République- et le Ministre qui portait un sac de riz sur ses propres épaules l’année précédente -aujourd’hui Ministre des Affaires étrangères- s’unissaient encore une fois, cette fois-ci, nous n’aurions pas la réalisation d’une action vide de sens, mais une action concrète et utile à l’intérêt général. Puisque la société des nations à l’échelle mondiale n’existe pas, il faut parfois agir seul… seuls. Mais, enfin agir!
Darfour : Permis de tuer? Par Nicole Guedj
Le Darfour et ses faux amis par Bruno Guigue
Sauver le Darfour
Avec Chronique d’une assemblée nationale, c’est l’occasion pour moi de renouer avec -paraît-il- ma spécialité philosophique : la philosophie politique. Si j’ai choisi l’APEM pour la publier, c’est parce que ce site -comme son nom l’indique- a une portée mondiale et que l’assemblée nationale que je conceptualise est universelle. C’est-à-dire qu’elle est faite pour être adoptée dans chaque Pays du Monde. Chaque Pays démocratique, bien entendu! Mais, est-il vraiment juste de parler de nation pour une société qui ne donne aucun droit de souveraineté au citoyen?
Si je me suis intéressé au système de l’assemblée nationale, ce n’est pas pour renouer avec la philosophie politique, mais d’abord parce que je crois que l’élimination dans sa circonscription d’un Ministre majoritaire à l’échelle de la nation illustre toute l’absurdité du système majoritaire adopté en France. L’assemblée nationale n’existe pas dans ce Pays. Il serait plus juste de parler d’une « assemblée intercantonale ». C’est-à-dire d’une assemblée qui est l’addition de cantons et non d’un choix pour la nation. En effet, pour être élu, le député promet d’être présent et d’agir pour son territoire, mais oublie que les décisions qu’il devra prendre sont de l’ordre national. C’est pourquoi est vraiment tourné vers l’intérêt général de la nation le système de la proportionnelle.
Enfin, ce que je propose n’aurait pas empêché l’élimination d’Alain Juppé. C’est pourquoi il faut aussi adopter le mandat unique.
Ma prochaine chronique pour conceptualiser une vraie assemblée nationale aura pour sujet la possible présence de l’Extrême-Droite dans l’assemblée de la nation : premier argument des adversaires du modèle proportionnel.
C’est avec attention que j’ai suivi ce sommet européen. Le premier du Président Sarkozy et le dernier de Tony Blair. Je n’attendais rien de positif à la fin de ce rendez-vous. Et il n’en est rien sorti de positif contrairement aux apparences et à ce que je lis. Bien au contraire!
La faute d’Angela Merkel
Angela Merkel a commis une grave faute en proposant une conférence intergouvernementale à vingt-six et sans la Pologne, qui est -comme l’a rappelé Nicolas Sarkozy- le plus grand Pays de l’Europe de l’Est.
Si la Pologne, État démocratiquement souverain, a plié, c’est à cause du chantage de la Chancelière allemande. Cette méthode est inacceptable dans une Union qui se veut démocratique. Et le système de vote proposé est un système « fédéral » qu’une organisation politique ne peut pas adopter pour une bonne et simple raison : c’est que le fédéralisme donne plus de poids à certains qu’à d’autres. Or, il n’est pas possible de construire un organisme européen avec une inégalité entre les européens eux-mêmes.
Cette démarche et ce sommet nous ont donc démontré -une fois de plus!- que l’Europe prenait le chemin du fédéralisme et qu’elle laissait de côté les européens alors que nous ne pouvons pas construire l’Europe sans les européens. C’est l’Européen qui doit être au coeur des préoccupations européennes. Et tous les européens doivent être égaux devant la loi. Sans exception. Sans oubli.
Un modèle d’Europe
Pour que tous les européens soient égaux entre eux en Europe, il suffit de constituer une vraie organisation politique. Il faut un Président élu au suffrage universel direct. Un Président parce que toute organisation en a une. Par exemple, l’ONU est dotée d’un « Secrétaire général ». Élu au suffrage universel direct pour la légitimité. Dans cette élection, un citoyen européen égale une voix.
Il faut aussi un gouvernement. Toute organisation a une direction. Si le terme de Gouvernement est réservé à un État, nous pouvons l’appeler « secrétariat ». Il faut donc des « Secrétaires ». Le terme de « Ministre » n’est plus envisageable désormais puisqu’il a été rejeté.
Il faut également un Parlement. Il doit être élu au suffrage universel direct. Pour les mêmes raisons que le Président.
Ainsi, l’Europe ne sera ni un État fédéral, ni une organisation fédérale, mais une organisation politique indépendante des Gouvernements nationaux (bien souvent contestés par leur propre Peuple) qui aura pour finalité non pas d’imposer des lois supranationales, mais d’adopter en son sein des règles à vocation universelle. Elle ne doit pas être une contrainte, mais une forte source d’inspiration active pour chaque Pays membre.
Les emblèmes européens
Pendant ce sommet, il a été dit que le drapeau de l’UE devrait être retiré du Traité. Je juge cette intention absurde. Quelle organisation n’a pas d’emblèmes? Contrairement à ce qui a été reproché à Ségolène Royal durant la récente campagne présidentielle, un drapeau n’est pas le symbole de l’Extrême-Droite, mais celui de l’union d’individus différents. C’est pourquoi non seulement l’Union européenne doit avoir des emblèmes, mais aussi que chacun doit connaître et afficher ceux de l’ONU.
A propos du drapeau européen, il est temps qu’il compte autant d’étoiles que de Pays membres.
Enfin, l’Europe doit être le concept de l’universalisation de la démocratie à travers le Monde, c’est pourquoi il faut qu’elle envisage de s’ouvrir à la Russie, la Turquie, la Chine et le Japon. C’est pourquoi elle ne doit pas se concentrer sur quel Pays est européen et quel Pays ne l’est pas, mais doit envisager de construire dans les dix/quinze ans qui viennent une organisation politique eurasienne. Organisation nécessaire pour le vrai fonctionnement de la société des nations à l’échelle mondiale que nous n’avons quasiment jamais eu, mais que nous n’avons plus du tout depuis la Guerre en Irak de 2003.
Après ce sommet qui vient de s’achever, nous pouvons constater que nous sommes bien loin d’une organisation politique basée sur l’intérêt général. Ce sommet a été transparent. Il nous a permis de nous apercevoir que ce qui comptait pour les chefs d’États européens n’était pas d’avoir un bon traité, mais un traité tout court. Peu importe le contenu. De quoi désespérer d’un Monde meilleur. Le citoyen tentera-t-il de se ressaisir?