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Jacques Martin a été enterré hier. A son enterrement était présente l’actuelle Garde des Sceaux, Rachida Dati. Il est vrai que depuis 2002, et en particulier depuis qu’il est Président de la République, Nicolas Sarkozy a pris l’habitude de se rendre aux enterrements de personnalités publiques. La classe politique semble suivre cette nouvelle habitude : ce qui montre que la culture « populaire » n’est plus à mépriser. Mais, intégrer dans les milieux intellectuels et « sérieux » (politique) cette culture, qui était autrefois considérée à tort comme « basse »; la rehausser, n’est-ce pas une erreur? En effet, depuis que cette « culture » est « légalisée », une autre devient populaire, attire le grand public : non la « nouvelle culture populaire », mais la « culture du vice ». Comme par exemple la télé-réalité qui met les hommes en cage comme on met des animaux dans un zoo. Et ça plaît! D’ailleurs, ayant perdu le monopole du divertissement depuis l’arrivée de l’Internet, la télévision ne cesse de se pervertir pour attirer le plus grand nombre. L’appauvrissant au passage. La télévision de Jacques Martin semble alors très loin. Sa retraite depuis neuf ans et sa mort ne sont que la disparition de la belle télévision. Celle, peut-être, qui est la seule à mériter ce nom et qui peut revenir par l’intermédiaire du Web si des volontaires y pensent.
Voir la chronique Disparition d’une télévision sur Cent Papiers
Pauvre France! Pauvre en médailles aux Championnats du Monde d’Athlétisme à Osaka! Un peu plus pauvre encore en grands hommes de l’Histoire vivants depuis les décès de Raymond Barre et Pierre Messmer. A propos de ce dernier, le 19/20 de France 3 aurait pu annoncer sa mort en Une et lui consacrer au moins un reportage plutôt qu’une phrase très courte et difficile à remarquer si le téléspectateur est distrait sur le moment comme ça arrive souvent. Pauvre journalisme de France 3, donc!
Pauvres de nous! Aussi. En effet, l’époque politique actuelle n’est pas à notre avantage. S’il semble désormais passé le temps où un homme politique pouvait changer d’idées comme les sociétés de décennies comme le fît Jacques Chirac tout au long de sa carrière, la communication massive n’a pas arrangé la politique pour autant. Désormais, un fait divers fait une loi. Il est vrai qu’à ce rythme, l’existence de la justice semble à terme impossible et la société tombe dans le désir de vengeance. Alerte donc! Alerte très bien expliquée d’ailleurs par Elisabeth Lévy dans son article Le Président de toutes les victimes pour l’édition de Marianne en kiosque du 1er au 7 Septembre 2007 inclus.
Pauvres PS aussi! Il n’a qu’une obsession désormais : se rénover. C’est-à-dire couper définitivement avec son inspiration actuelle marxiste alors que le Gouvernement Jospin était accusé de « libéralisme ». Souvenons-nous! En 2002, Jean-Pierre Chevènement disait même tout au long de la campagne présidentielle que Chirac et Jospin, c’étaient « bonnet blanc et blanc bonnet ». Accusés de « libéralisme » depuis au moins dix ans, les socialistes français se croient encore inspirés par Marx?
Se rénover, c’est-à-dire être plus en phase avec la société actuelle. Pour cela, François Hollande a déclaré dans son discours à l’université d’été de La Rochelle le week-end dernier que son Parti devait revenir à la réflexion afin de contrer la politique réactionnelle de Nicolas Sarkozy. Mais François Hollande ne sait-il pas que Ségolène Royal a perdu l’élection présidentielle parce que justement elle n’a pas su jouer des faits divers comme l’a habilement fait Nicolas Sarkozy parce qu’il a compris que la société actuelle veut une politique réactionnelle, qu’elle en a marre de la réflexion et qu’elle veut l’action? « L’action », c’était d’ailleurs « le seul mot à la bouche » de Dominique de Villepin : « Moi, ma priorité, c’est l’action ». Le problème, c’est que pour agir, il faut réfléchir. Entre vérité et contradiction, le PS donc.
Finalement, tant mieux parce que la politique en France est devenue un show comme aux Etats-Unis! Mais pour notre plus grand malheur!
Voir la chronique Pauvre France!
J’en parle souvent lors de textes consacrés au journalisme citoyen : l’appréhension qu’ont certains journalistes professionnels de voir des citoyens appelés « journalistes citoyens », exercer en quelque sorte leur métier bénévolement. Je n’ai jamais eu l’occasion de demander à ces mêmes journalistes qui se manifestent parfois dans les commentaires ce qu’ils pensent des consultants. Notamment les consultants sportifs. C’est vraiment une mode sur France Télévisions et je les ai toujours considérés comme une première sorte de journalistes citoyens. La rémunération au lieu de l’engagement bénévole.
Sur la vidéo mise en lien au bas de ce texte, c’est Laurent Jalabert qui interviewe Nicolas Sarkozy à la place de Laurent Bellet, qui était alors trop loin puisqu’à l’arrière de la course sur la moto 2. Je trouve que le mazamétain a fort progressé dans ce domaine. Il est vrai qu’aujourd’hui ses débuts dans ce métier appartiennent à vidéogags.
Dans l’interview, nous pouvons constater que Nicolas Sarkozy a vraiment rayé de sa mémoire l’année 1968 puisqu’il déclare qu’il suit le Tour depuis 1969 et la victoire de Jan Janssen ou Van Spriegel. Or, en 1969 (année de l’élection de Georges Pompidou comme le lui fera remarquer Gérard Holtz au pied du podium où le Président fera la même erreur sans en démordre), Eddy Merckx remporta le premier de ces cinq Tour de France. Un an après Jan Janssen, qui s’était imposé en effet devant Herman Van Springel, qui, lui, ne gagnera jamais cette épreuve, mais remportera le maillot vert en 1971.
Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il ne faisait pas parti de ceux qui boudaient la victoire de Christophe Moreau au Championnat de France. Sans naïveté, je suis comme lui et ai pu constater « empiriquement » (comme on dit dans le jargon philosophique) qu’au plus les années passaient, au plus un sportif se bonifiait. 36 ans, ce n’est donc pas un âge trop vieux pour gagner. Bien au contraire! Raymond Poulidor a d’ailleurs terminé troisième de la Grande Boucle à 40 ans. Tout est question d’entraînement.
J’ai déjà dit dans une chronique récente (Sarko peut-il sauver le vélo?) que le Président de la République était certainement le seul politicien à pouvoir sauver le sport et le cyclisme en particulier. -S’il aime vraiment ce sport, bien entendu!- Et que pour cela, il devait changer de Ministère et de Ministre.
Nicolas Sarkozy est le seul homme politique depuis quelques années à faire tous les JT français du premier au dernier jour de l’an. Alors, maintenant qu’il est « enfin » Président (: il le voulait tant!), pourquoi s’étonner de sa présence -omniprésence?- dans les médias?
Depuis cinq ans, nous avons pu assister au volontariat de l’homme. Alors pourquoi jouer les surpris maintenant qu’il est aux manettes suprêmes? Pourquoi dénoncer son tempérament alors que les Français n’en pouvaient plus de l’inexistence chiraquienne?
Le candidat de l’UMP a été élu démocratiquement. Pourquoi donc craindre une dictature, un retour au Troisième Empire? Pour installer pareil régime, il faudrait d’abord qu’il n’est pas l’aval du peuple et ensuite qu’il ne craigne pas d’être haï par l’Histoire. Or, l’enfant de Neuilly aime trop être aimé pour se ranger sur le banc des leaders sanguinaires. Il ne sera donc pas le leader d’un régime autoritariste et respectera toujours les élections démocratiques.
Le problème de la démocratie -mais y a-t-il meilleur modèle?- c’est qu’une élection se déroule à un instant t et que c’est donc l’humeur majoritaire de cet instant qui l’emporte et que l’humeur change avec le temps. C’est pourquoi le Peuple élit, mais que plus tard la rue empêche de gouverner.
Si Nicolas Sarkozy n’est pas devenu un dictateur aujourd’hui, un problème apparaît en revanche. Sa présidence ne respecte pas la Constitution de 1958, qui veut que le Gouvernement gouverne et que le Président soit arbitre (cinquième article). Pour continuer dans son style et dans le respect de la Cinquième République, le Président devra donc modifier la Constitution : ce qu’il annoncera dans les prochains jours.
Malgré ce changement, y aura-t-il un Parlement vivant pour représenter la nation et son humeur du jour? Seule l’opposition en détient la clef. C’est sa responsabilité.
Les Ministres auront-ils encore une place importante? L’ouverture a un avantage et un défaut : elle plaît aux Français parce qu’ils ne supportent plus les querelles stériles entre adversaires politiques et ont été séduits par l’idée -absurde- de François Bayrou. Le problème, c’est que les Ministres de l’ouverture donnent le sentiment qu’ils ne sont pas vrais puisque pas vraiment chez eux. C’est pourquoi la France est aujourd’hui -et a priori pour longtemps- sans Gouvernement, ni Parlement.
Avec l’Internet, l’adoption massive de l’ADSL et la généralisation des ordinateurs dans les foyers, la télévision ne peut plus être considérée comme le premier moyen de divertissement pour le citoyen. L’époque des Carpentier est finie depuis longtemps et désormais, il est impensable que se divertir demande l’attente du déroulement du programme prévu par les différentes chaînes. Se divertir aujourd’hui, c’est tout de suite et comme on le veut! C’est pourquoi, au lieu de créer « Secret Story » sur TF1, il vaudrait mieux que des émissions instructives soient programmées à des heures de grande écoute. Comme par exemple Enquête exclusive, qui est consacrée ce soir (à 23 heures sur M6) à la situation au Darfour.
Le Darfour, justement! N’oublions pas ce qui se passe là-bas! Sur la lancée du sommet européen, si le soi-disant héros de la prise d’otage de l’école de Neuilly en 1993 -aujourd’hui Président de la République- et le Ministre qui portait un sac de riz sur ses propres épaules l’année précédente -aujourd’hui Ministre des Affaires étrangères- s’unissaient encore une fois, cette fois-ci, nous n’aurions pas la réalisation d’une action vide de sens, mais une action concrète et utile à l’intérêt général. Puisque la société des nations à l’échelle mondiale n’existe pas, il faut parfois agir seul… seuls. Mais, enfin agir!
Darfour : Permis de tuer? Par Nicole Guedj
Le Darfour et ses faux amis par Bruno Guigue
Sauver le Darfour
C’est avec attention que j’ai suivi ce sommet européen. Le premier du Président Sarkozy et le dernier de Tony Blair. Je n’attendais rien de positif à la fin de ce rendez-vous. Et il n’en est rien sorti de positif contrairement aux apparences et à ce que je lis. Bien au contraire!
La faute d’Angela Merkel
Angela Merkel a commis une grave faute en proposant une conférence intergouvernementale à vingt-six et sans la Pologne, qui est -comme l’a rappelé Nicolas Sarkozy- le plus grand Pays de l’Europe de l’Est.
Si la Pologne, État démocratiquement souverain, a plié, c’est à cause du chantage de la Chancelière allemande. Cette méthode est inacceptable dans une Union qui se veut démocratique. Et le système de vote proposé est un système « fédéral » qu’une organisation politique ne peut pas adopter pour une bonne et simple raison : c’est que le fédéralisme donne plus de poids à certains qu’à d’autres. Or, il n’est pas possible de construire un organisme européen avec une inégalité entre les européens eux-mêmes.
Cette démarche et ce sommet nous ont donc démontré -une fois de plus!- que l’Europe prenait le chemin du fédéralisme et qu’elle laissait de côté les européens alors que nous ne pouvons pas construire l’Europe sans les européens. C’est l’Européen qui doit être au coeur des préoccupations européennes. Et tous les européens doivent être égaux devant la loi. Sans exception. Sans oubli.
Un modèle d’Europe
Pour que tous les européens soient égaux entre eux en Europe, il suffit de constituer une vraie organisation politique. Il faut un Président élu au suffrage universel direct. Un Président parce que toute organisation en a une. Par exemple, l’ONU est dotée d’un « Secrétaire général ». Élu au suffrage universel direct pour la légitimité. Dans cette élection, un citoyen européen égale une voix.
Il faut aussi un gouvernement. Toute organisation a une direction. Si le terme de Gouvernement est réservé à un État, nous pouvons l’appeler « secrétariat ». Il faut donc des « Secrétaires ». Le terme de « Ministre » n’est plus envisageable désormais puisqu’il a été rejeté.
Il faut également un Parlement. Il doit être élu au suffrage universel direct. Pour les mêmes raisons que le Président.
Ainsi, l’Europe ne sera ni un État fédéral, ni une organisation fédérale, mais une organisation politique indépendante des Gouvernements nationaux (bien souvent contestés par leur propre Peuple) qui aura pour finalité non pas d’imposer des lois supranationales, mais d’adopter en son sein des règles à vocation universelle. Elle ne doit pas être une contrainte, mais une forte source d’inspiration active pour chaque Pays membre.
Les emblèmes européens
Pendant ce sommet, il a été dit que le drapeau de l’UE devrait être retiré du Traité. Je juge cette intention absurde. Quelle organisation n’a pas d’emblèmes? Contrairement à ce qui a été reproché à Ségolène Royal durant la récente campagne présidentielle, un drapeau n’est pas le symbole de l’Extrême-Droite, mais celui de l’union d’individus différents. C’est pourquoi non seulement l’Union européenne doit avoir des emblèmes, mais aussi que chacun doit connaître et afficher ceux de l’ONU.
A propos du drapeau européen, il est temps qu’il compte autant d’étoiles que de Pays membres.
Enfin, l’Europe doit être le concept de l’universalisation de la démocratie à travers le Monde, c’est pourquoi il faut qu’elle envisage de s’ouvrir à la Russie, la Turquie, la Chine et le Japon. C’est pourquoi elle ne doit pas se concentrer sur quel Pays est européen et quel Pays ne l’est pas, mais doit envisager de construire dans les dix/quinze ans qui viennent une organisation politique eurasienne. Organisation nécessaire pour le vrai fonctionnement de la société des nations à l’échelle mondiale que nous n’avons quasiment jamais eu, mais que nous n’avons plus du tout depuis la Guerre en Irak de 2003.
Après ce sommet qui vient de s’achever, nous pouvons constater que nous sommes bien loin d’une organisation politique basée sur l’intérêt général. Ce sommet a été transparent. Il nous a permis de nous apercevoir que ce qui comptait pour les chefs d’États européens n’était pas d’avoir un bon traité, mais un traité tout court. Peu importe le contenu. De quoi désespérer d’un Monde meilleur. Le citoyen tentera-t-il de se ressaisir?
En pleine période du Baccalauréat, l’Agence de Presse étudiante mondiale publie ma chronique Les notes du Président, qui a pour sujet les notes obtenues par l’élève Nicolas Sarkozy au Baccalauréat en 1973.
Dans ce texte, je tiens à dénoncer la situation ridicule que cette « révélation » a déclenché. En effet, comme toujours, il y a les sarkozystes et les anti-Sarkozy. En revanche, où sont ceux qui essaient de tirer des conclusions réfléchies sur le parcours de Nicolas Sarkozy? Mauvais élève devenu Président en tapant sur les mauvais élèves, c’est-à-dire ce qu’il fût.
Dans cette chronique, je tire donc une conclusion hors de portée des réactions passionnées : le fait qu’un élève médiocre ou moyen devienne Président n’est pas une mauvaise chose en soi. Au contraire, il démontre que tout individu peut évoluer et n’est pas prématurément défini. En revanche, le fait que le mauvais élève devienne un homme au discours -il faut bien le reconnaître- populiste n’est vraiment pas un bon exemple pour tous ceux qui croient en l’humanité. Il encourage les mauvaises pensées selon lesquelles celui qui n’est pas bon élève ne peut pas être une grande personne. Une grande personne au niveaux des idées, bien sûr, car il faut plus qu’être Président pour être une grande personne.
Je tiens ici à préciser que contrairement à ce qu’a écrit Georges Yang dans Les notes du Président… et alors?, les notes du Bac ne peuvent pas augmenter de quatre à cinq points entre hier et aujourd’hui. En effet, même si Nicolas Sarkozy a passé le Baccalauréat dans la vague de « libération des moeurs », les adolescents d’aujourd’hui sont confrontés à la culture de masse qui les éloignent des études. Si hier le divertissement à tout prix était une découverte, aujourd’hui c’est une réalité quotidienne. C’est pourquoi je juge ridicule toute tentative de comparer des époques totalement différentes. Comme dirait Eddy Merckx, l’important n’est pas d’être le plus grand dans l’Histoire, mais le meilleur de sa génération.
Enfin, je crois que comme la mode en France est au « devoir de transparence », je me dois donc de conclure cette note en indiquant mes propres résultats du Baccalauréat Littéraire Option Cinéma-audiovisuel :
- Français écrit : 16/20
- Français oral : 9/20
- Mathématiques : 3/20
- Philosophie : 16/20
- Anglais : 8/20
- Cinéma-Audiovisuel : 16/20 (12, 14 et 18)
Je ne me suis jamais considéré comme « bon élève » et n’ai jamais cherché à être le meilleur, même si j’ai obtenu la meilleure note de ma classe et du lycée à l’épreuve écrite de Français et en Philosophie. Malgré cela, peu m’importe de savoir si j’étais un élève plus médiocre que Nicolas Sarkozy. L’important est de faire son chemin. La vie est longue, il suffit de bien la remplir.
J’estime définitivement périmée l’idée d’un État européen. Les partisans de la Constitution européenne, très massivement rejetée par le citoyen en 2005, ont accéléré l’atteinte de cette impasse en s’entêtant devant le choix démocratique. La fameuse « crise » dont chacun parle, mais qui n’est en réalité que le produit de l’obsession de ceux qui sont en place à Bruxelles ne peut qu’aboutir à la mort de cette Union européenne qui s’est définitivement coupée du citoyen alors qu’il ne peut y avoir d’Europe sans Européens.
C’est pourquoi dans ma chronique publiée aujourd’hui par l’APEM, je réaffirme « la nécessité d’une société des nations eurasiennes ». Afin de ne plus retomber dans un climat de Guerre froide et de ne plus voir l’Europe prise en otage par les deux ex-grands, nous devons construire démocratiquement une organisation internationale politique qui s’étende de l’Europe à l’Asie et qui comprenne tous les Pays de l’espace défini comme la France, la Russie, la Turquie, l’Inde, la Chine et le Japon.
Les différences de culture, qui font notre richesse, que nous pouvons remarquer d’un côté à l’autre du continent en question sont la preuve qu’il ne faut pas construire un État eurasien (le fédéralisme n’est pas en soi un système démocratique puisqu’il donne plus de poids à certains que d’autres), mais une société des nations eurasiennes. Une société construite directement par le citoyen.
En effet, la politique répondra aux attentes des citoyens quand ces derniers en seront les principaux acteurs et non tant que les dirigeants, comme les dirigeants européens, reprocheront aux Peuples leurs choix.
Cette société des nations eurasiennes est indispensable pour la construction de la société des nations à l’échelle mondiale dont nous avons tant besoin pour étendre au Monde entier les valeurs universelles que sont les valeurs républicaines et démocratiques.
Pour répondre à Anissa, la société des nations que j’appelle de mes vœux prouve, à mon sens, que je suis contre l’idée aristocratique que le fort doit tendre la main au faible. De plus, j’ajoute, en reprenant la théorie hégélienne du maître et de l’esclave qu’en réalité, c’est celui qui se dit « fort » qui est le « faible » et celui qui est dit « faible » qui se retrouve être le « fort ». En effet, pour que le fort soit le fort, il faut le faible. Ainsi, le fort est dépendant du faible. Il est donc le faible. Et c’est d’ailleurs toute la situation politique actuelle que nous vivons. Si le Peuple est dit faible, ceux qui sont au pouvoir dépendent des faibles parce que sans eux, ils ne sont plus rien. C’est pourquoi, comme l’avait dit Méhaignerie en pleine campagne, le Président Sarkozy ne pourra même pas appliquer la moitié de son programme. Cela n’avait pas fait plaisir au candidat de l’UMP qui n'avait pas pour autant nier les propos de l’un des siens. Bien au contraire!
Parce que je pensais qu’elles étaient rhétoriques, je n’avais pas répondu aux questions du commentaire d’Anissa Berkani-Rohmer sur la victoire de Nicolas Sarkozy et Hannah Arendt, Simone de Beauvoir, les déclarations des droits de l’Homme ainsi que le Ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Parce que je me suis aperçu (après rappel) avant-hier qu’il s’agissait de véritables questions, je me dois aujourd’hui d’y répondre.
Nicolas Sarkozy et les Philosophies de Hannah Arendt et de Simone de Beauvoir
Le discours politique de Nicolas Sarkozy est à l’opposé des Philosophies développées par Hannah Arendt et Simone de Beauvoir. La première, inspirée de Nietzsche, rejette la « moraline » alors que tous les discours du candidat de l’UMP tout au long de cette campagne furent axés sur le nécessaire retour à cette « morale » coupée de tout humanisme. Humanisme revendiqué, par exemple, en 1968. Période violemment rejetée par le nouveau Président.
La seconde, inscrite dans l’Existentialisme, était allée plus loin qu’Aristote en passant de la condition humaine et sociale (« on ne naît pas Homme, on le devient ») à la condition féminine dans Le Deuxième Sexe : « On ne naît pas femme, on le devient ». Pensée contraire au concept de Droite et pensée opposée à celle de Nicolas Sarkozy pour qui la pédophilie est de source génétique. Pensée reprise d’ailleurs par le Philosophe Luc Ferry pour qui : « on ne choisit pas d’être hétérosexuel ».
La politique de Nicolas Sarkozy et les déclarations des droits de l’Homme
Il n’est pas exagéré de remarquer que la pensée politique de Nicolas Sarkozy ne respecte pas les différentes déclarations des droits de l’Homme. A commencer par la première et son article premier : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Par conséquent, un citoyen égale une voix. Et c’est la chose publique qui relie les individus de la société. Autrement dit, c’est la république qui assure le lien social. C’est pourquoi la république est sociale ou n’est pas. Ce premier article engendre légitimement la nécessité de démocratie dont Hannah Arendt est une grande partisane. Dans la république démocratique, les citoyens élisent leurs représentants. Certains parlent alors de démocratie représentative. Mais il s’agit toujours de démocratie et non d’aristocratie. Le pouvoir est confié à des individus. Contrairement à l’aristocratie, il n’est pas occupé par certains : les forts. En république démocratique, il n’y a pas de forts et de faibles, mais une égalité des chances et un respect mutuel. Dans le discours sarkozyen, « les forts doivent tendre la main aux faibles ». C’est la chose privée qui régie la majorité publique. Hannah Arendt et Simone de Beauvoir, femme engagée à Gauche, se seraient certainement indignées du discours sarkozyste qui est plus aristocratique que républicain. Malgré cela et malgré la dénonciation de la dictature du capital par certains, la République ne pourra pas être supprimée. A cause de l’Histoire, le retour aux totalitarismes et à l’aristocratie n’est plus possible. Bien qu’aujourd’hui complètement dépolitisé, le citoyen ne pourra jamais accepter de ne plus avoir le droit de s’exprimer en politique. Nicolas Sarkozy, si ce n’est déjà fait, ne pourra mener une politique aristocratique qu’au niveau du concept. Dans les esprits et dans les actes, nous verrons certainement se dessiner des réformes d’inspiration aristocratique. Mais, notre régime restera malgré tout démocratique.
A noter aussi qu’Hugo Chavez n’est qu’une marionnette et que toute dénonciation de ses actes, comme la fermeture d’une chaîne de télévision, ne sont qu’instrumentalisation politique pour dénoncer la Gauche occidentale alors que celle-ci n’a rien de stalinienne. Le paradoxe, c’est que si le Président Sarkozy fermait une chaîne de télévision, de radio ou un site Internet, il serait tout de suite suivi par les sondages.
Le Ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale
Je l’ai déjà dit. Le ministère de l’Immigration n’est qu’une façon de servir les pensées lepéniennes au lieu de les combattre. C’est prendre « l’étranger » comme bouc émissaire au lieu d’évoquer les véritables problèmes. Par exemple, Nicolas Sarkozy avait plus intérêt à placer Ségolène Royal du côté des casseurs de la Gare du Nord plutôt que de reconnaître que durant son passage au Ministère de l’Intérieur, la France est passée d’un sentiment d’insécurité à une société de violence. Pourquoi? Parce que ses méthodes sont anti-sociales. C’est par la pédagogie/l’éducation que l’individu adopte les valeurs républicaines et non par la répression.
Je me souviens avoir qualifié l’expression « identité nationale » d’absurde. Pourquoi? Parce qu’il est possible de parler de nation(notion de Gauche d’ailleurs et non de Droite), mais qu’il est impossible de faire un Ministère de l’Identité nationale. L’identité d’un Peuple relève de son Histoire, mais ne peut être un texte de lois. J’écrivais récemment « La France des Lumières, c’est-à-dire la mienne ». Mais, je ne peux en faire une loi. Pourquoi? Parce que ce serait chasser ceux qui ne sont pas d’accord avec moi. Or, ce sont les idées qu’il faut combattre et non les Hommes. Eux, il faut les respecter. Avec un Ministère de l’Identité nationale, une seule attitude n’est possible : « La France, on l’aime ou on la quitte ». Mais si tous les Pays créaient de tels ministères, il faudrait aller vivre sur une autre planète. Chacun est unique et différent. Il n’est pas possible d’être en accord parfait avec tous.
Il y a quelques temps sur LCPAN/Public Sénat, dans Ma première campagne, une fille s’interrogeait : « C’est quoi l’identité nationale? Si c’est manger du saucisson… ». Elle m’a rassuré! Si c’était manger du chocolat, je serai mal barré! Mon estomac ne le supporte pas!
L’Agence de Presse Étudiante Mondiale publie aujourd’hui ma chronique intitulée Un rêve d’Europe dans laquelle je défends l’idée d’une Europe qui a pour finalité l’extension de la démocratie à travers le continent eurasiatique.
L’extension de la démocratie parce que c’est le seul système qui respecte vraiment le droit de vivre des individus, autrement dit : « droits de l’Homme ». Parce que « les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits », ils doivent être souverains. C’est-à-dire qu’ils doivent pouvoir décider eux-mêmes de leur sort.
A travers le continent eurasiatique parce qu’il n’y a pas deux continents (Europe et Asie), mais un seul : Eurasie. C’est pourquoi il faut passer à une autre étape : une étape plus proche de la réalité géologique. En effet, pourquoi s’enfermer en Europe alors que nous sommes sur la Terre? Mais puisque nous sommes sur la Terre, pourquoi s’arrêter à l’Eurasie?
Parce que pour construire la société des nations à l’échelle mondiale, il faut d’abord construire les différentes sociétés des nations à l’échelle des continents existants.
Pourquoi parler de « nation » au lieu de se tourner vers le fédéralisme? Pourquoi ne pas oser faire d’un continent, un Pays? C’est-à-dire une seule nation? Parce que la nation est une société dotée d’un gouvernement et qu’elle doit être démocratique. Or, malgré l’Internet, la démocratie ne peut pas être appliquée dans une nation au territoire infini. Il faut donc une société des nations eurasiennes, une société des nations américaines et une société des nations africaines. C’est ainsi que la démocratie, valeur universelle, s’étendra au Monde. De plus, le fédéralisme n’est pas un système où un citoyen égale une voix. Par conséquent, seule la société des nations doit être envisagée.
Pourquoi avoir écrit cette chronique? Parce que j’ai assisté en direct via LCI à la conférence de presse commune de Nicolas Sarkozy et de José Manuel Barrosso. Les deux hommes ont insisté sur la nécessité de la construction européenne et d’une Europe politique sans définir quelle Europe, ni quelle politique. J’aurais préféré assister à la volonté de construire une Europe des Européens, c’est-à-dire la construction d’une société et non d’une entreprise. Une société ouverte aux autres hommes du continent géologique et non l’envie d’une Europe limitée aux frontières du continent politique colonisateur défunt. Une Europe qui a donc pour finalité l’extension de la démocratie à l’échelle internationale parce que celle-ci est une valeur universelle et qu’elle seule engendre et maintient la paix. C’est, je le crois, un rêve d’Europe.
J’ajoute aussi que si ma chronique commence par envisager l’hypothèse que « l’évènement de la semaine fût sûrement pour certains la visite de Nicolas Sarkozy à Bruxelles », c’est parce que pour d’autres, l’évènement de la semaine est peut-être le dévoilement de la photographie officielle du nouveau Président de la République. A propos de cette photo, je ne pense pas qu’elle soit ratée. Il est vrai que je n’aurais pas posé de côté, mais le Président, malgré l’ouverture, n’a pas oublié de se mettre à Droite. Pour l’apparition du drapeau européen, je crois que c’est une très bonne chose, mais en espérant que l’UE soit l’œuvre des Européens et non de groupes particuliers qui ne se préoccupent que de leur propre intérêt.