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Être Premier Ministre depuis cinq ans et éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle tant attendue avec un score de moins de 20% et proche des 15 : ça marque certainement un homme. Et ça ne peut certainement pas s’oublier!
Cependant, l’engagement -comme l’engagement politique- ne demande-t-il pas d’être responsable? De faire preuve d’une responsabilité qu’un homme ordinaire n’est pas censé avoir? Un ancien Premier Ministre comme Lionel Jospin est-il excusable lorsqu’il sombre dans l’amertume et les actes de vengeances absurdes à répétition?
Son dernier livre l’aura certainement plongé encore une fois dans une « impasse ». C’est à croire qu’il est malchanceux! Allègre, Bartolone, Lienemann et d’autres se font de l’argent en écrivant un livre contre Ségolène Royal et lorsque lui s’y met aussi, il semble que les livres qui sont faits pour « critiquer pour critiquer » ne soient plus appréciés de la société. En tout cas, de la classe politique. Un peu, ça va. Trop, c’est trop! Comme la télé-réalité, l’attaque littéraire des personnes semble s’être tuée elle-même. Tant mieux! Mais où sont les livres politiques de propositions? Jean-Luc Mélenchon, en bon agrégé de Philosophie qu’il est, a su se livrer à un travail d’analyses exemplaire entre le « communisme d’État » et la « social-démocratie ». Mais ce livre qui n’a pas pour finalité d’attaquer Ségolène Royal déclenche-t-il un emballement médiatique comme l’œuvre médiocre de Jospin?
Pour être condamné, il faut donc déraper. Mais pour intéresser, il faut déraper aussi. Quand au livre parfait, il faudra encore attendre : comme le dit Jean-Luc Mélenchon lui-même, il n’a pas fait un travail d’attaques, mais ce n’est pour cela qu’il faut être d’accord avec la thèse de son ouvrage.
Voir la chronique Au revoir Monsieur Jospin! sur Cent Papiers.
Le Nouvel Observateur de cette semaine a pour thème principal « Les philosophes et les femmes ». Et pour illustrer ce titre de couverture, la rédaction a choisi une photographie plan taille d’une femme nue. Il ne faut pas en douter! Si le thème avait porté sur les hommes, le choix aurait été le même. Mais pourquoi faut-il toujours que la femme -ou que l’homme- soit ramené à un corps?
Avec cette photo, le journal de Gauche (plus Gauche américaine que Gauche républicaine, d’ailleurs) nous donne sa vision de la femme : c’est d’abord et avant tout un corps différent du corps masculin. « D’abord » parce que c’est la première différence qui est faite entre un homme et une femme. « Avant tout » parce qu’en choisissant cette photographie, Le Nouvel Observateur illustre et dans le même temps trahit sa pensée, sa vision de la femme. Pour lui, est femme ce qui n’est pas corps masculin. Est femme ce qui est l’inverse du corps masculin.
Étonnant pour un journal qui se réclame de Gauche! A l’origine, la Gauche est le courant qui luttait pour instaurer la République et l’adoption de ses valeurs par la société. Toutes les personnes de Gauche d’aujourd’hui se réclament de cet héritage. Même Le Nouvel Observateur. C’est d’ailleurs peut-être le seul héritage de l’Histoire dont peut se réclamer une personne de Gauche!
Alors la rédaction du Nouvel Observateur devrait savoir que la naissance des Idées républicaines, des Idées de Gauche n’a été possible qu’avec la naissance du concept de l’Homme. L’Homme avec un H majuscule pour regrouper en son sein les hommes et les femmes et les considérer comme égaux en droits dès la naissance. Ce concept de l’Homme définit ce dernier comme différent de l’animal. L’Homme est social : il a une pensée. L’animal, lui, n’a pas de pensée. Avec exagération, c’est déjà ce qu’affirmait Descartes : non seulement, l’animal n’a pas de conscience (il n’est pas libre), mais en plus, il n’est qu’un corps. Tel un automate prisonnier de ses pulsions.
Et en regardant cette photographie de couverture choisie par Le Nouvel Observateur, nous ne voyons aucune pensée, mais qu’un corps. La femme est réduite à une machine qui ne sert qu’à faire l’amour ou des enfants. Une machine. Un automate. Un objet, même pas un sujet. La rédaction du Nouvel Observateur serait-elle pire que Descartes? Les intellectuels -se réclamant de Gauche- ne peuvent-ils concevoir aujourd’hui la femme autrement que comme un corps? Ce serait déjà une grande avancée. Et après Jacques Julliard pourra donner des leçons à la classe politique de Gauche actuelle pour sa refondation.
Quelques strauss-kahniens étaient venus sur Cent Papiers qualifier ma chronique La Faute à DSK, publiée le 19 Juin dernier, de « ségolâtre ». Pourtant, dans cette chronique, je ne prenais pas la défense de Ségolène Royal, mais je tenais à dire (à rappeler?) que la politique, c’est d’abord des idées, des concepts. Et qu’au plus Dominique Strauss-Kahn glissait à Droite (il n’est plus un homme de Gauche depuis longtemps), au plus il enfonçait le Parti Socialiste français. Pour une bonne et simple raison, c’est qu’il vaut mieux l’original à la copie. Par sa présence, DSK a donc brouiller les frontières entre le programme de François Bayrou et celui de la candidate socialiste. Programme composé par le PS lui-même et non la candidate. « […] De plus, une copie ne vaut jamais l’original. C’est pourquoi au plus Dominique Strauss-Kahn se rend populaire auprès de certains, au plus il handicape fortement son soi-disant camp. »
Dans ma chronique, j’écrivais aussi que l’attitude de Dominique Strauss-Kahn de vouloir copier l’adversaire pour lui prendre la place ne relevait pas de l’engagement politique et que parce qu’une démocratie n’existe que s’il y a débat, il est nécessaire d’avoir deux conceptions différentes de la société : « […] La politique d’un Pays a besoin de deux visions distinctes et différentes de la société. Il faut donc une Droite et une Gauche avec deux Partis centraux de la Droite et de la Gauche. Ainsi, le Parti Socialiste n’a pas à être un faux Parti de Droite pour gagner quand les idées de Droite sont à la mode, mais de personnalités de Gauche qui prouvent que le plus juste est de voter pour elles et non pour l’adversaire. […] ».
Aujourd’hui, Cent Papiers publie ma chronique Ségo la menteuse! qui fait suite aux propos de Ségolène Royal sur le SMIC à 1500 euros et la généralisations des 35 heures. Dans cette chronique, je m’étonne que l’ex-candidate à l’élection présidentielle donne aussi facilement raison à ses adversaires. Il est clair qu’aujourd’hui la crédibilité de sa candidature 2012 est profondément remise en question, mais qu’aucun remplaçant ne peut déjà être envisagé : « […] Ségolène Royal a perdu toute crédibilité. Pour l’opposition (ndlr : le PS), la victoire de 2012 s’éloigne et Ségolène Royal reste malgré tout plus crédible que les éléphants. Paradoxe ? […] ».
Il faudrait que les politiques -dont en particulier Ségolène Royal- comprennent que la politique, c’est d’abord croire en des idées et que ces dernières sont atemporelles. Platon a d’ailleurs fait un travail remarquable là-dessus. Hélas, la gazelle lui préfère Bayrou! Ce n’est vraiment pas de cette façon que la Gauche va bien se refonder et que ce Pays ira mieux!
Quand aux strauss-kahniens qui traitaient hier ma chronique de « ségolâtre », ils ne pourront pas cette fois me qualifier de « ségoléniste ». Je tiens à mon indépendance et ai compris depuis bien longtemps qu’il ne fallait faire confiance en personne. C’est pourquoi je vote toujours après réflexion et jamais par adhésion.
Parce que je pensais qu’elles étaient rhétoriques, je n’avais pas répondu aux questions du commentaire d’Anissa Berkani-Rohmer sur la victoire de Nicolas Sarkozy et Hannah Arendt, Simone de Beauvoir, les déclarations des droits de l’Homme ainsi que le Ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale. Parce que je me suis aperçu (après rappel) avant-hier qu’il s’agissait de véritables questions, je me dois aujourd’hui d’y répondre.
Nicolas Sarkozy et les Philosophies de Hannah Arendt et de Simone de Beauvoir
Le discours politique de Nicolas Sarkozy est à l’opposé des Philosophies développées par Hannah Arendt et Simone de Beauvoir. La première, inspirée de Nietzsche, rejette la « moraline » alors que tous les discours du candidat de l’UMP tout au long de cette campagne furent axés sur le nécessaire retour à cette « morale » coupée de tout humanisme. Humanisme revendiqué, par exemple, en 1968. Période violemment rejetée par le nouveau Président.
La seconde, inscrite dans l’Existentialisme, était allée plus loin qu’Aristote en passant de la condition humaine et sociale (« on ne naît pas Homme, on le devient ») à la condition féminine dans Le Deuxième Sexe : « On ne naît pas femme, on le devient ». Pensée contraire au concept de Droite et pensée opposée à celle de Nicolas Sarkozy pour qui la pédophilie est de source génétique. Pensée reprise d’ailleurs par le Philosophe Luc Ferry pour qui : « on ne choisit pas d’être hétérosexuel ».
La politique de Nicolas Sarkozy et les déclarations des droits de l’Homme
Il n’est pas exagéré de remarquer que la pensée politique de Nicolas Sarkozy ne respecte pas les différentes déclarations des droits de l’Homme. A commencer par la première et son article premier : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». Par conséquent, un citoyen égale une voix. Et c’est la chose publique qui relie les individus de la société. Autrement dit, c’est la république qui assure le lien social. C’est pourquoi la république est sociale ou n’est pas. Ce premier article engendre légitimement la nécessité de démocratie dont Hannah Arendt est une grande partisane. Dans la république démocratique, les citoyens élisent leurs représentants. Certains parlent alors de démocratie représentative. Mais il s’agit toujours de démocratie et non d’aristocratie. Le pouvoir est confié à des individus. Contrairement à l’aristocratie, il n’est pas occupé par certains : les forts. En république démocratique, il n’y a pas de forts et de faibles, mais une égalité des chances et un respect mutuel. Dans le discours sarkozyen, « les forts doivent tendre la main aux faibles ». C’est la chose privée qui régie la majorité publique. Hannah Arendt et Simone de Beauvoir, femme engagée à Gauche, se seraient certainement indignées du discours sarkozyste qui est plus aristocratique que républicain. Malgré cela et malgré la dénonciation de la dictature du capital par certains, la République ne pourra pas être supprimée. A cause de l’Histoire, le retour aux totalitarismes et à l’aristocratie n’est plus possible. Bien qu’aujourd’hui complètement dépolitisé, le citoyen ne pourra jamais accepter de ne plus avoir le droit de s’exprimer en politique. Nicolas Sarkozy, si ce n’est déjà fait, ne pourra mener une politique aristocratique qu’au niveau du concept. Dans les esprits et dans les actes, nous verrons certainement se dessiner des réformes d’inspiration aristocratique. Mais, notre régime restera malgré tout démocratique.
A noter aussi qu’Hugo Chavez n’est qu’une marionnette et que toute dénonciation de ses actes, comme la fermeture d’une chaîne de télévision, ne sont qu’instrumentalisation politique pour dénoncer la Gauche occidentale alors que celle-ci n’a rien de stalinienne. Le paradoxe, c’est que si le Président Sarkozy fermait une chaîne de télévision, de radio ou un site Internet, il serait tout de suite suivi par les sondages.
Le Ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale
Je l’ai déjà dit. Le ministère de l’Immigration n’est qu’une façon de servir les pensées lepéniennes au lieu de les combattre. C’est prendre « l’étranger » comme bouc émissaire au lieu d’évoquer les véritables problèmes. Par exemple, Nicolas Sarkozy avait plus intérêt à placer Ségolène Royal du côté des casseurs de la Gare du Nord plutôt que de reconnaître que durant son passage au Ministère de l’Intérieur, la France est passée d’un sentiment d’insécurité à une société de violence. Pourquoi? Parce que ses méthodes sont anti-sociales. C’est par la pédagogie/l’éducation que l’individu adopte les valeurs républicaines et non par la répression.
Je me souviens avoir qualifié l’expression « identité nationale » d’absurde. Pourquoi? Parce qu’il est possible de parler de nation(notion de Gauche d’ailleurs et non de Droite), mais qu’il est impossible de faire un Ministère de l’Identité nationale. L’identité d’un Peuple relève de son Histoire, mais ne peut être un texte de lois. J’écrivais récemment « La France des Lumières, c’est-à-dire la mienne ». Mais, je ne peux en faire une loi. Pourquoi? Parce que ce serait chasser ceux qui ne sont pas d’accord avec moi. Or, ce sont les idées qu’il faut combattre et non les Hommes. Eux, il faut les respecter. Avec un Ministère de l’Identité nationale, une seule attitude n’est possible : « La France, on l’aime ou on la quitte ». Mais si tous les Pays créaient de tels ministères, il faudrait aller vivre sur une autre planète. Chacun est unique et différent. Il n’est pas possible d’être en accord parfait avec tous.
Il y a quelques temps sur LCPAN/Public Sénat, dans Ma première campagne, une fille s’interrogeait : « C’est quoi l’identité nationale? Si c’est manger du saucisson… ». Elle m’a rassuré! Si c’était manger du chocolat, je serai mal barré! Mon estomac ne le supporte pas!
Le débat Ferry/Julliard animé par Jean-François Rabilloud le 4 Mai 2007 obligeait le Philosophe et l’éditorialiste à ne pas s’exprimer sur l’élection présidentielle qui se terminait le lendemain de la rediffusion habituelle. C’est pourquoi la première partie, qui s’intitulait « Jésus-Christ : La vie de Jésus par Benoît XVI », portait sur le livre du Pape qui sort le 24 Mai prochain. Partie dans laquelle Jacques Julliard précise que le Pape se place en théologien et qu’il est le premier souverain pontife à se livrer à cet exercice. L’historien ajoute aussi que ce livre est la réponse de l’Église au Da Vinci Code. Pour Luc Ferry, Benoît XVI pose un problème nouveau : celui de l’exégèse qu’avait déjà tenté Richard Simon et Ernest Renan respectivement aux dix-septième et dix-neuvième siècles. Et si, selon le Philosophe, le Pape accepte les théories scientifiques, il renvoie dos-à-dos le capitalisme et le socialisme, fruit d’un Monde matérialiste et donc athée. Jacques Julliard remarque, lui, que Jésus ne s’appelait pas « fils de Dieu », mais « fils de l’Homme » ou « Je suis ».
La seconde partie intitulée « Islam et laïcité : Crise présidentielle en Turquie » m’a paru bien plus intéressante parce qu’à l’heure où la France se choisit un Président communautariste et obsédé par la question de l’immigration, le Peuple Turc, lui, descend dans la rue pour manifester en faveur de la laïcité qui est le respect de tous et de chacun. D’une frontière à l’autre de l’Europe, il y a un Peuple qui vote massivement et majoritairement pour le rempli sur soi, pour l’idéologie de l’individualisme tandis que de l’autre côté, il y a des millions de gens qui descendent dans la rue pour défendre comme ils peuvent ce qui est peut-être la première condition d’une république démocratique : la laïcité.
Si Jacques Julliard craint un nouveau coup d’État de la part de l’armée kémaliste, Luc Ferry est convaincu, lui, que le modèle du « Parti musulman démocrate » que veulent les politiciens Turcs est la CDU allemande et que c’est pour cela que la Turquie doit intégrer l’Europe. Mais, l’Union européenne n’est-elle pas morte avec l’élection de Nicolas Sarkozy? Quand nous assistons à la réjouissance de la Commission européenne de voir triompher celui qui ne veut pas construire l’Europe avec les Européens, mais avec ceux qui ne représentent que les Parlements mal élus des Pays, peut-être est-il temps de se tourner vers la construction des nations eurasiennes parce que le continent est l’Eurasie et non l’Europe et qu’une société des nations se construit avec les nations et non contre celles-ci!
Luc Ferry et Jacques Julliard ont refermé ce débat en recommandant les livres Le Ressentiment de l’Histoire de Marc Ferro et Notre existence a-t-elle un sens? de Jean Stone. Pour ma part, je recommande de s’intéresser à Mustapha Kemal Atatürk, qui est, selon moi, le de Gaulle Turc.
Le débat du 11 Mai dernier portait, lui, sur l’élection présidentielle qui est désormais du passé. Débat dans lequel Luc Ferry et Jacques Julliard ont pu réitérer leur pleine confiance envers leurs candidats respectifs.
Droite : Victoire totale : Les difficultés commencent
Si pour Jacques Julliard, à qui la parole était de nouveau donnée en premier, Nicolas Sarkozy a fait une « très bonne campagne », Luc Ferry l’a jugée, lui, « formidable ».
Toujours selon Jacques Julliard, les artistes présents aux meetings de Nicolas Sarkozy ont donné « un côté populisme/populaire » tandis que Luc Ferry a estimait que Marianne était « descendue au bas du caniveau » avec un Jean-François Kahn, qui selon le Philosophe, signe ses articles sous des pseudonymes pour régler ses comptes.
Ces deux remarques respectives attirent mon attention parce qu’en effet, il est surprenant de voir tant d’artistes, qui sont censés représenter l’union d’un Peuple, soutenir aussi ouvertement le candidat de la Droite la plus dure que la France n’ait jamais connue. Et pour Marianne, je dois avouer que les affirmations de Luc Ferry me surprennent et me choquent même si ces accusations ne changent en rien le contenu véridique du journal cité. Et quand Luc Ferry précise que Nicolas Sarkozy lui a assuré penser tout ce qu’il dit (même à 90%), je ne peux que ressentir de la honte parce que comment peut-on penser, quand on est le Président de la Terre des Lumières que c’est la loi du plus fort qu’il faut admirer et légaliser?
Enfin, Jacques Julliard a souligné que « le programme philosophique de Nicolas Sarkozy est contradictoire », ne serait-ce que sur la nation. En effet, est-il pour la nation unifiée (Max Gallo) ou pour le communautarisme?
Luc Ferry, lui, n’est « pas trop inquiet » de reconnaître comme l’a remarqué Jacques Julliard que « Nicolas Sarkozy est minoritaire dans toutes les catégories de la population sauf chez les plus de 65 ans » puisque, selon le Philosophe, « le propre de la jeunesse est d’évoluer ». Affirmation à laquelle je répondrai qu’il est possible de parler d’évolution et de progressisme quand l’intention se rapproche du respect de la dignité humaine et non vers l’amour de l’individualisme, qui n’est que le mépris d’autrui et donc le non-respect de la vie en société.
Désarrois à Gauche : L’impératif de la rénovation
Selon Luc Ferry, la Gauche a un « problème d’idées et de personnes » et ce depuis 1905. Et si « DSK et Fabius ont été battus par Royal », cette dernière a été « largement battue par Sarkozy ». C’est pourquoi la Gauche aurait « plus que jamais besoin d’un Parti social-démocrate ». Bien sûr, la thèse de Luc Ferry est complètement erronée puisque d’abord la social-démocratie ne marche pas comme nous pouvons le constater dans les Pays qui ont la malchance de l’essayer actuellement et ensuite parce qu’un Parti Social-démocrate ne serait plus un Parti de Gauche, mais un mouvement vers la Droite. Ce serait donc la disparition de la Gauche en France et c’est ce dont rêvent tous les adversaires des valeurs universelles.
Jacques Julliard fait le constat, lui, que « cette troisième défaite va accélérer le phénomène » de rénovation et que Ségolène Royal a fait « turbuler le PS, comme dirait Chevènement » même si à 20 heures 05, il n’y avait plus de Parti, mais « une écurie présidentielle ». Seulement, peut-on parler de « défaite » alors que personne ne s’attendait à la victoire et que l’élection de Nicolas Sarkozy n’est pas une victoire, mais une confirmation de ce qui était annoncée depuis des mois?
Enfin, lorsque Luc Ferry précise qu’il a « voté Bayrou en 2002 » parce qu’il est « européen et libéral », Jacques Julliard estime la tentative du centriste « sympathique » et juge que même « si la vocation de la France est de rejoindre le régime bipartiste, l’existence d’un petit Centre est bon pour la démocratie ». N’est-ce pas un aveu là de la part de l’historien que la véritable démocratie passe par le pluralisme?
Les Coups de cœur
- L’Ours de Michel Pastoureau
- Notre existence a-t-elle un sens?de Dominique Laplane et Jean Staune
- Manuel de survie de la femme moderne de Frigide Barjot et Basile de Koch
Il ne serait pas faux de dire que l’unique week-end de l’entre deux tours de cette présidentielle fût un week-end de débats. Il y eut tout d’abord Vendredi matin sur LCI le débat Ferry/Julliard animé par Jean-François Rabilloud, le soir la rencontre entre les prétendants Démocrates pour les Etats-Unis, Samedi matin le dialogue entre Ségolène Royal et François Bayrou, puis à 19 heures un affrontement entre Arnaud Montebourg et Xavier Bertrand Chez F.O.G et enfin, pour Le Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro, une confrontation entre François Hollande et Alain Juppé.
Je dois bien reconnaître que contrairement à ce qui était attendu, le débat entre Luc Ferry et Jacques Julliard fût terriblement ennuyeux même s’il y eût un petit changement puisque cette fois la parole fût d’abord donnée à l’éditorialiste du Nouvel Observateur qui en a d’ailleurs profité pour jeter une énième couche habituelle de rancune envers ceux qui ont rejeté la Constitution européenne le 29 Mai 2005, une manière de contempler le passé et de ne pas aller de l’avant. Le véritable problème ne viendrait-il pas plutôt des vaincus de ce mois de Printemps 2005 qui sont restés au pouvoir alors qu’une majorité écrasante de la population avait clairement exprimé le souhait d’une autre politique? Julliard le démocrate devrait peut-être se rendre à l’évidence et restreindre son activité à sa chronique pour le journal de Gauche (mais laquelle?) afin de laisser un nouveau paysage télévisuel se dessiner. Un paysage reflet de la population actuelle.
Toujours dans cette première partie intitulée « Présidentielle : Les leçons du premier tour », Luc Ferry s’est dit, lui, « très heureux du nouveau paysage politique qui se dessine ». Pourtant comment se réjouir que dans le nouveau paysage politique français émerge un présidentiable qui reprend les idées de la haine au lieu de les combattre? Comment Jacques Julliard peut-il croire que « les Extrêmes s’effondrent pendant que le Centre monte » alors que les idées extrémistes n’ont jamais été autant présentes dans le programme d’un candidat dit républicain et capitales pour être présidentiable?
Comment Jacques Julliard peut-il affirmer que les trois grands sont ceux qui avaient une posture européenne alors que Ségolène Royal est la synthèse du oui et du non, que sa principale influence est Jean-Pierre Chevènement, ce qui fait d’ailleurs grincé quelques dents comme celles de Jacques Delors, délaissé jusqu’au 23 Avril dernier? Alors que sur la banque centrale européenne Nicolas Sarkozy retourne sa veste comme il change de chemises et François Bayrou a abandonné sa posture de fédéraliste européen suite aux résultats français et néerlandais?
Luc Ferry, toujours content, juge qu’il est « une bonne chose » que la Droite ose enfin paraître ce qu’elle est (alors que Sarkozy s’en remet toujours à Jaurès et à Blum). N’oublions pas qu’il est un "républicain de Droite". C’est-à-dire un corbeau blanc. En revanche, il ne sourit plus sur la diabolisation de Nicolas Sarkozy qu’il trouve « indigne ». Cependant, la haine que le candidat de l’UMP porte en lui n’est-elle pas l’illustration parfaite de sa Pensée politique? Il ne faut pas oublier que tout est lié.
Si le Philosophe demande à ce que soit accepté un « projet libéraliste », Jacques Julliard remarque que l’effondrement du PCF n’émeut ni les médias, ni la jeunesse, mais oublie que Besancenot, dont il estime que le programme est « une véritable guerre civile », perce malgré tout et devient la référence sûre du communisme. Comme le rappelle Luc Ferry, l’Extrême-Gauche totalise autant de voix que Le Pen.
Si dans la première partie, il jugeait que la non-qualification de Bayrou est « une bonne chose », dans la seconde partie intitulée « Présidentielle : Bayrou peut-il faire perdre Sarkozy? », le Philosophe estime que le succès de Bayrou est « personnel et non politique » puisqu’il a recueilli uniquement « des votes protestataires ». Et s’il estime toujours qu’il n’y a pas de « philosophie politique du Centre », Luc Ferry reconnaît que les électeurs de l’UDF sont de Droite et représentent huit pour cents à peu près du score du leader centriste et que le reste est composé des déçus de Ségolène Royal. C’est pourquoi, contrairement à ce qu’affirme l’auteur de Apprendre à vivre, François Bayrou peut faire perdre Nicolas Sarkozy comme le pense Jacques Julliard qui préfère attendre le 6 Mai pour être fixé et les législatives pour savoir ce que représente les presque dix-neuf pour cent du Béarnais. Et si comme l’ancien Ministre, Jacques Julliard estime que « le Centre n’existe pas et que « c’est la personnalité qui a gagné » en dénonçant les médias, l’éditorialiste du journal de Jean Daniel se demande si un vrai petit Centre ne va pas naître du faux Centre actuel.
Jean-François Rabilloud, lui, a préféré se pencher dans le livre de Gérard Gachet intitulé La France sans complexe, ouvrage qui revient sur cette élection présidentielle en cours.
Les intellectuels de Gauche ont de plus en plus de mal avec les idées desquelles ils se réclament, ainsi qu'avec ceux qui sont censés les défendre et qui s'en éloignent toujours plus. Ainsi, le Philosophe Bernard-Henri Levy est à la dérive depuis trente ans, incarnant la Droite au sein de la Gauche. Alain Finkielkraut, lui, se trouve de plus en plus dans un sale état et envisage de voter pour le candidat de l'UDF, Parti politique de Droite.
Ne faudrait-il pas rappeler à tous ces intellecteuels que ce sont les actes des Hommes qui sont qualifiés et non les idées suivant les actes? 1789 ne peut pas pourtant continuer à être occulté ainsi!

"DÉSASTRE"
Il précise que cela ne fait pas de lui pour autant "le porte-parole de Nicolas Sarkozy, ni de qui que ce soit d'autre". L'écrivain dément notamment les informations de certains médias faisant état de son ralliement imminent au candidat de l'UMP. "Je n'ai jamais été en contact avec le Figaro pour faire un article sur l'élection présidentielle contrairement aux affirmations du Canard enchaîné", souligne M. Finkielkraut. De même "il ne m'a jamais été demandé de participer à la réunion du 11 février des comités de soutien à Nicolas Sarkozy comme l'a écrit Le Monde", affirme-t-il.
"Si j'interviens dans la campagne, cela ne sera pas sous la forme d'un ralliement. Ce sera par une analyse des problèmes" car "nous vivons une sorte de désastre", explique-t-il. "Je
pense que l'école est dans un état désastreux, je pense que la morale
civique est dans un état désastreux, je pense que la montée des
incivilités a pris des proportions absolument épouvantables", détaille-t-il. "L'écologie exige de nous que nous changions", conclut-il.

