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Après sept mois entiers passés sur Vox, il est temps pour moi de choisir un autre hébergeur pour continuer mon blog principal. Un hébergeur en phase avec la blogosphère actuelle et qui réponde aux exigences des blogueurs d’aujourd’hui. Vox est en construction et je le regrette profondément même si je dois reconnaître que l’aventure me séduit. Par respect pour ceux qui me sont fidèles sans être voxeurs (j’ai découvert qu’ils étaient nombreux!), je me dois de ne plus prendre part à cette construction et laisser de côté mon âme aventurière. C’est ainsi que je lance aujourd’hui le nouveau Blog de Richard Patrosso : un blog qui traitera de tout sans tabou! Tous les sujets seront abordés. Je continuerai bien sûr d’y annoncer mes chroniques (APEM, Cent Papiers) et mes articles (AgoraVox, SportVox). Mon objectif reste le même : porter un regard philosophique sur tout. Pour cela, je traiterai principalement de l’actualité. Je veux que la Philosophie redevienne ce qu’elle est : une réflexion simple qui permet à l’individu d’être indépendant.
C’est au moment où je crée un nouveau blog que je m’aperçois que je me sens de plus en plus blogueur alors que je n’ai jamais eu l’intention de le devenir même si j’ai toujours pensé qu’une personne publique devait avoir un site officiel.
C’est au moment où je dois cesser d’héberger mon site principal sur Vox que je me sens pleinement « voxeur » et fier de l’être. D’ailleurs, mon blog Vox ne sera pas supprimé et je continuerai à lire régulièrement les blogs de ma communauté. Mieux, je prendrai même le temps de venir les commenter en voxeur régulièrement.
Tous les voxeurs qui apprécient mon blog Vox peuvent dès aujourd’hui s’abonner au fil RSS de mon nouveau blog.
Pour finir, je confierai que j’aime beaucoup l’URL « richardpatrosso.vox ». Elle pourrait être traduite par « la voix de Richard Patrosso ». Le paradoxe, c’est que je dois archiver cette URL pour continuer à parler.
A très vite sur http://richardpatrosso.hautetfort.com/ !
Libération consacre aujourd’hui un dossier sur le journalisme citoyen et sur Cent Papiers. Je ne peux qu’afficher mon scepticisme sur ce travail. Au travers des quatre articles de Frédérique Roussel et Laurent Joffrin, c’est une conclusion négative sur le cinquième pouvoir qui se dégage. Et cela pour quatre raisons.
- Premièrement, il ne faut pas appeler n’importe quoi « journalisme citoyen ». La vidéo de l’assassinat du Président Kennedy ne relève pas du journalisme citoyen, mais du témoignage. Témoignage d’ailleurs dû au hasard et non à une volonté programmée.
Le témoignage a toujours existé. Comment pondre un article sans témoignages et sans interviews? Comment envisager le journalisme sans sources? En effet, comment informer sans informations?
Dans ce dossier, il est dit que les rédacteurs d’AgoraVox et de Cent Papiers commentent plus qu’ils n’informent. Connaissant bien le Cinéma, je ne peux que m’indigner de ce reproche. Ceux qui commentent les films (et ceux qui commentent les œuvres littéraires), appelés « critiques » (critiques de Cinéma, critiques littéraires) ne sont-ils pas des journalistes? Et ces critiques ne nous informent-ils pas?
- Deuxièmement, je comprends que Cent Papiers ne veuille pas passer pour un voleur. Mais je ne peux que m’inquiéter de cette phrase dans Les sentinelles de Cent Papiers : « Cent Papiers vient juste de s’ouvrir à la publicité et projette de redistribuer une partie des revenus aux meilleurs contributeurs qui ne travaille aujourd’hui que pour la gloire. ».
Si Cent Papiers accepte que certains ne contribuent que pour la gloire, alors il y aura des dégâts. Certes, ils ne se doperont pas (et encore!), mais ce ne sera plus qu’un amas de copiés collés d’articles professionnels. Les rédacteurs ne contribueront plus pour faire connaître la vérité, mais pour leur gloire personnelle. Et dans ce cas-là, -hélas!- la fin justifie les moyens.
- Troisièmement, ce dossier nous fait comprendre que les journalistes citoyens n’ont qu’un rêve : être journaliste. C’est-à-dire voler la place de l’autre. Ce n’est pas le bon angle pour regarder le journalisme citoyen. En définissant le journalisme citoyen ainsi, nous passons à côté de ce qu’il est : un phénomène inéluctable avec l’arrivée d’Internet qui permet à chacun de s’exprimer. Mais avoir le moyen de s’exprimer ne signifie pas ne plus respecter l’autre et lui prendre sa place.
- Enfin, dans Le journalisme citoyen à l’assaut de l’info, Frédérique Roussel écrit : « Enseignement majeur de cette frénésie citoyenne : le journaliste doit être plus à l’écoute du public ».
Je crois que si la journaliste avait voulu être plus à l’écoute du public dans son travail, elle n’aurait pas décrit un nouveau moyen de pervertir la société, mais se serait demandé comment faire pour mettre en pratique un journalisme citoyen crédible sans que professionnels et volontaires ne se chamaillent.
Je reviens de vacances et ouvre à l’instant un mail envoyé par Cent Papiers qui m’indique que le journal citoyen québécois s’ouvre à la publicité et envisage dès le premier Septembre prochain de rémunérer certains de ses rédacteurs.
Je n’ai rien contre le fait qu’un journal citoyen soit financé par la publicité. Je crois avoir démontré au cours du mois de Juillet bien connaître le milieu sportif. Et c’est parce que je connais bien ce milieu que je sais qu’il est impossible de faire quoique ce soit sans sponsor, sans financement.
Je pars du principe que si une entreprise veut se faire de la publicité, elle doit payer le journal, la chaîne ou autres, mais ne doit rien demander en retour. Je sais qu’actuellement (et depuis toujours?), c’est -hélas!- l’inverse qui se produit.
Je juge donc intéressant qu’un journal citoyen comme Cent Papiers ou AgoraVox soit bien financé. En revanche, si je ne participe pas à Come4News, c’est parce qu’il ne s’intéresse pas à l’information du vrai, mais à se faire du fric sur le dos des autres. Je considère le journaliste citoyen comme précieux et non comme chien ou cobaye.
J’ai découvert le journalisme citoyen le 9 Décembre dernier et depuis je ne cesse de m’interroger, de réfléchir sur cette notion, ce concept, cette pratique. L’un de mes textes consacrés à ce sujet a même été repris dans le premier livre du journalisme citoyen.
J’en ai déduit que le journalisme citoyen était un engagement citoyen et donc à la fois volontaire et bénévole. Et que demander une rémunération en contrepartie serait voler la place des journalistes professionnels.
J’en ai également conclu qu’il ne fallait pas traiter tous les sujets, mais seulement notre spécialité. C’est ainsi que je n’écrirai jamais un article consacré à la finance pure, mais que je mettrai toujours une dose de réflexion philosophique dans mes sujets abordés ou que quand je m’intéresse au Sport, je me refuse de faire ce dont je suis incapable : traiter une autre discipline que le Cyclisme.
Je crois qu’il faut savoir rester à sa place et que c’est là notre atout. Parce que j’ai toujours défendu l’idée qu’il fallait être volontaire et bénévole, qu’il ne fallait pas prendre la place des journalistes professionnels, je refuse toute rémunération pour mes participations en tant que journaliste citoyen à Cent Papiers ou tout autre journal citoyen.
J’aimerais -dans l’idée que je me suis toujours fait du journalisme citoyen- inviter tous les autres participants à faire de même, mais je les laisse maître de leur personne. Je sais que pour financer leurs études ou pour survivre, des étudiants, des chômeurs ou des retraités pourraient voir d’un bon œil l’initiative de Cent Papiers et je préfère leur laisser la place sans les pousser à sauter le pas parce que je crois que quand il y a rémunération, il n’y a plus engagement, mais professionnalisme. Il n’y a donc plus journalisme citoyen.
En revanche, je crois que la fonction de modérateur pourrait en effet être l’objet de rémunération parce que ce n’est pas être journaliste citoyen, mais acteur de l’entreprise.
Je tiens à préciser toutefois -par soucis de transparence- que je n’occupe pas cette fonction et que le jour qu’elle me sera proposée ou que je l’envisagerai, je le ferai savoir.
Que la presse soit corrompue ou qu’elle ne le soit pas, il pèse sur elle un soupçon. Et c’est l’existence de ce soupçon qui est problématique. Comment vivre en démocratie alors que ce qui prouve son existence est discutée?
Le journalisme développé par les citoyens engagés ne peut pas remplacer l’information professionnelle : il faut travailler avant de prendre le temps d’intervenir dans la vie de la société. C’est l’une des raisons pour lesquelles un journaliste citoyen n’est pas un pseudo-journaliste contrairement à ce que peut penser Eric Fottorino dans ses éditoriaux au Monde. Est un pseudo-journaliste le journaliste professionnel qui fait semblant d’être journaliste et qui se sert de sa profession pour arriver à des intérêts particuliers. En termes plus simples, est un pseudo-journaliste le journaliste corrompu.
Et des journalistes corrompus, il y en aurait trop selon les citoyens. Alors ils se servent d’Internet pour développer leur journalisme, qui serait sain, mais qui n’est pas crédible aux yeux d’un certain public.
Comment donc crédibiliser le journalisme citoyen? Pourquoi le crédibiliser?
Le crédibiliser parce que les citoyens ont le droit de s’exprimer et qu’interdire le journalisme qu’il développe serait une atteinte à la liberté d’expression.
Le crédibiliser en invitant les journalistes professionnels à y participer après leur journée de travail. Et parce qu’il n’est pas possible d’être à la fois journaliste professionnel et journaliste citoyen, le professionnel du journalisme -afin de ne pas se décrédibiliser auprès de ses lecteurs- doit prendre un pseudonyme. En participant sous un pseudonyme, personne ne sait quel journaliste participe au journalisme citoyen, mais parce que le public sait que des journalistes, qui n’acceptent pas la censure, sont acteurs du journalisme citoyen, plus de crédit sera accorder à ce journalisme.
Afin que le cinquième pouvoir ne devienne pas le monde des journalistes anonymes rebelles, les citoyens devront continuer à participer à leur journalisme.
Être journaliste et participer bénévolement au journalisme citoyen, c’est retrouver son âme de journaliste. Exercer le véritable métier choisi. Seuls ceux qui acceptent le bénévolat et prennent du plaisir ne peuvent pas être soupçonnés de corruption.
A propos de l’article (que je trouve très bon) de Quitterie Delmas intitulé Daniel Carton, l’homme qui dérange l’establishment des médias classiques publié aujourd’hui en Une d’AgoraVox, je préciserai que tous les journalistes ne sont pas des vendus. Et parce que la majorité d’entre eux -comme partout- n’est pas constituée de vedettes, la plupart des journalistes sont des professionnels qui essaient de faire le mieux et le plus correctement possible leur métier. Ils le font avec une âme de journaliste! Je sais de quoi je parle puisque j’en ai rencontrés lors de mon déplacement à Toulouse. Il ne faut donc pas confondre le métier de journaliste avec les corrompus. Les vrais journalistes -ils sont majoritaires et silencieux- reconnaissent entre eux que par exemple, PPDA n’est plus un journaliste depuis longtemps. Dans le milieu du journalisme professionnel d’aujourd’hui, la question est posée : comment les vrais journalistes peuvent-ils l’emporter sur les porte-parole? Porte-parole = journaliste corrompu. Comment ne pas transformer le journalisme en communication?
C’est, je le crois, tout le combat du journalisme citoyen. Et je redis -pour ne pas changer- que la cible doit être la corruption, les patrons voyous et non les journalistes. C’est pourquoi je condamne l’attitude que François Bayrou a eu d’accuser la presse tout au long de la campagne au lieu de dénoncer ses propriétaires, c’est-à-dire ceux qui empêchent les journalistes de faire correctement leur métier.
C’est par hasard que j’ai assisté via LCI aux dix/quinze dernières minutes du discours de Rachida Dati, Garde des Sceaux. J’ai noté qu’à la fin de son discours, la Ministre de la Justice a demandé une « justice ferme ». J’aurais préféré entendre une « justice juste » car la justice doit être juste. C’est logique! Et contrairement à ce que nous répète Nicolas Sarkozy, il n’est pas possible d’être ferme, mais juste. Soit on est ferme et l’on en fait trop (on peut tomber alors dans la vengeance). Soit on est juste, et on est juste. C’est-à-dire qu’on fait ce qu’il faut.
Rachida Dati veut que la Justice s’occupe des victimes. Je crois que c’est évident. Mais, il ne faut pas que la compassion remplace le jugement. Qui connaît l’affaire Bodein me répliquera peut-être -si l’on veut travestir mes propos- qu’il n’est pas possible de ne pas éprouver de la compassion devant de tels crimes. Je répondrais alors que la société ne peut être fondée sur la vengeance et que les droits de l’Homme s’appliquent à tous les individus. La Justice, c’est ce qui permet à la victime de ne pas devenir pire que l’accusé dans son intérêt et celui de la société.
Je ne m’y attendrai pas avec ce Gouvernement, mais la société ira mieux quand nous « revaloriserons » la notion de juste et quand les politiques se débarrasseront de pensées primitives et haineuses, adoptées seulement dans l’intention d’être élu.
AgoraVox publie aujourd’hui : Élections 2007 : L’Implosion des internautes dans le scrutin?, texte dans lequel je m’interroge sur l’utilité et la nécessité du cinquième pouvoir après les élections françaises de cette année qui ont été le triomphe de ce qui semblait être l’adversaire des internautes. Faut-il donc parler de défaite du journalisme citoyen et déclarer l’inexistence du cinquième pouvoir? Mais, pourquoi parler de défaite d’un phénomène de la société, créé par la société et n’existant que par la société, alors que c’est cette dernière qui vote? C’est ce que je tente d’expliquer dans ce texte où je finis par souligner l’importance du cinquième pouvoir. Ce dernier est effectivement utile et nécessaire à la démocratie. Celle-ci étant le seul moyen pour l’humanité de s’accomplir vraiment.
Certains me l’avaient demandé sur ce blog et j’avais l’intention de le faire au plus vite. Il me suffisait d’en trouver le temps. Ces lignes prouvent que c’est chose faite : voici donc mon compte-rendu de la table ronde du 10 Mai dernier qui avait pour sujet « L’information à l’heure d’Internet : a-t-on encore besoin de journalistes? ».
D’abord, avant de détailler, je voudrais remercier Jean-François Haït de m’avoir invité et Carlo Revelli de m’avoir proposé de représenter AgoraVox. Et bien sûr, je voudrais aussi remercier celles et ceux qui ont assisté à cette conférence, avec une pensée particulière pour les personnes que j’ai eu le temps de mieux connaître par la suite.
Même si je suis venu avec l’intention de défendre l’idée que nous aurons toujours besoin de journalistes et que la guerre entre « journalisme citoyen » et « journalisme professionnel » est absurde et ridicule, même si je pense qu’un « journaliste citoyen » n’a pas à se prendre pour un journaliste professionnel, qu’il ne devra jamais prendre sa place, certaines personnes ont quand même essayé de trouver quelques failles dans mon raisonnement et au risque de surprendre, je les en remercie parce que si nous pensions tous pareils, alors soit nous ne penserions rien, soit nous n’aurions rien à nous dire : ce qui serait bien triste.
Je voudrais donc revenir sur ces quatre points importants que j’ai voulu exposer lors de la conférence et les détailler encore plus à l’écrit.
Pourquoi « journaliste citoyen » et « journalisme citoyen »
Certains journalistes professionnels ont montré leur hostilité au terme de « journaliste citoyen » et « journalisme citoyen », préférant celui de « informateur citoyen », « reporter citoyen » ou peut-être même celui de « citoyen journaliste ». Pourquoi? Parce que, selon eux, pour être un « journaliste citoyen », il faut être un « journaliste » (c’est-à-dire un « journaliste professionnel ») dans la vie. Un « journaliste » est un « citoyen » donc c’est un « journaliste citoyen » et lui seul peut acquérir ce titre. Cette théorie est totalement l’inverse de la mienne. Et de plus, je ne peux pas y adhérer. Je voudrais ici démontrer pourquoi.
Pour ma part, j’estime « journaliste », celui qui écrit des articles après s’être renseigné sur le sujet abordé, celui qui rapporte des faits. Parce qu’il est rémunéré pour son travail, il est un « journaliste professionnel » et parce que l’information doit être avant tout (je ne dis pas « à 100% » parce que ce serait nier le rapport entre la liberté d’expression et l’Internet) l’œuvre de professionnels, il est permis d’appeler un « journaliste professionnel », un « journaliste ». Seul le professionnel n’a pas besoin de mots supplémentaires pour préciser son statut. C’est pourquoi il serait absurde de toujours répéter « journaliste professionnel ». Dans le même cas, au lieu de dire « journalisme professionnel », qui est d’ailleurs devenu « journalisme traditionnel » depuis, en particulier, l’invention d’Internet, il est permis de dire tout simplement : « journalisme ». Et j’ajoute aussi qu’un journaliste n’est pas « journaliste » en tant que citoyen, mais en tant qu’employé. Il fait ce métier non pas par devoir citoyen, mais par nécessité sociale, c’est-à-dire pour vivre. C’est un professionnel qui exerce une profession et non un citoyen qui s’engage bénévolement. C’est pourquoi un « journaliste », un « professionnel du journalisme » ne peut pas être un « journaliste citoyen ».
Je voudrais aussi dire pourquoi je n’emploie pas, contrairement à d’autres intervenants du Cinquième pouvoir, le terme de « citoyen reporter ». Tout simplement pour deux raisons. La première, c’est parce que « citoyen reporter » ou « citoyen journaliste » n’est qu’une mauvaise traduction du terme originel anglais : « Citizen Report » qui se traduit donc en français par « reporter citoyen » ou « journaliste citoyen ». La seconde, c’est parce qu’un citoyen qui écrit des articles ne rapporte pas seulement des faits tels qu’ils sont : il les commente, les critique : il les rapporte avec un jugement (le sien) qui amène à une subjectivité telle que ce n’est plus un « rapporteur de faits », mais un éclaireur sur le sujet. Il se livre à une analyse personnelle que le journaliste professionnel ne peut qu’éviter par respect pour ses lecteurs.
Lors de cette conférence, comme je l’ai dit, il a été avancé l’idée que pour employer le mot « journaliste » dans un terme, il fallait être rémunéré. Pour contrer cette affirmation, j’évoquerai le terme de « journaliste étudiant » qui existe bel et bien : ce sont des étudiants (peu importe l’âge, il suffit d’être inscrit à l’Université) qui développent une certaine forme de journalisme. C’est le « journalisme étudiant ». Pour preuve, je pourrais renvoyer à certains grands journaux de la presse étudiante, mais je citerais seulement mon cas puisque je suis moi-même chroniqueur pour l’Agence de presse étudiante mondiale. Le « journalisme étudiant » n’est donc pas du « journalisme professionnel », c’est une autre forme de journalisme, mais il ne peut pas être simplement appeler « journalisme » parce que ce serait le confondre avec Le journalisme : le journalisme professionnel. C’est pourquoi il faut parler de « journalisme étudiant » et de « journaliste étudiant ».
La dernière forme de journalisme qui est né est un journalisme développé non pas par des professionnels, ni par des étudiants, mais par des citoyens volontaires et donc bénévoles. C’est pourquoi il est juste de parler de « journalisme citoyen » et de « journaliste citoyen ».
Témoin, interviewé et journaliste citoyen
Lors de la conférence, Claude Pichard évoquait la nouvelle initiative de Sud Radio qui consistait à donner la parole aux citoyens pendant une bonne partie des heures d’antenne. J’évoquais moi-même une note de Francis Pisani (Virginia Tech: Le journalisme citoyen est inévitable) dans laquelle le conférencier, qui vit aux Etats-Unis, tente de démontrer que le journalisme citoyen, comme l’indique le titre, est inévitable. Malheureusement, et comme je crois me souvenir que face aux nombres considérables de questions, je n’ai pas eu le temps d’aller au bout de ma réflexion sur cette note, je voudrais dire ici que je me différencie de la conception du « journalisme citoyen » de Francis Pisani parce que, comme je l’avais écrit dans Journalisme citoyen et Cinquième pouvoir, un journaliste citoyen n’est pas un amateur (celui-ci est un homme qui fait bénévolement ce qu’il n’a pas pu être professionnellement : un journaliste), mais un citoyen engagé. C’est pourquoi je parle de « journalisme citoyen » et non de « journalisme amateur ». De plus, est-ce que les citoyens qui ont filmé le drame de Virginia Tech en direct avait pour finalité d’informer ou de regarder au travers de leur téléphone portable ce qui se passait devant eux? Dans le premier cas, il s’agirait bien de journalistes citoyens parce que ces derniers sont des citoyens engagés bénévoles comme d’autres s’engagent en politique. Dans le second, il s’agit plutôt de témoins comme il en a toujours existé même au temps où les téléphones ne pouvaient ni être emportés, ni filmer. C’est pourquoi j’ai évoqué le Bondyblog, qui lui n’est pas l’œuvre de témoins, de gens qui pourraient être en réalité interviewés, mais de journalistes citoyens même si ce sont des journalistes professionnels qui en sont à l’origine. Le Bondyblog contribue au journalisme citoyen.
De plus, un journaliste professionnel ne peut pas être un journaliste citoyen parce qu’il doit garder pour lui ses opinions de citoyen s’il ne veut pas perdre la moitié de ses lecteurs. Mais, cela ne l’empêche pas de venir signer quelques articles dans des journaux citoyens comme le fait, par exemple, Jean-Michel Apathie sur AgoraVox. Cela ne l’empêche pas non plus d’entretenir un blog.
Enfin, le journaliste professionnel est celui qui va chercher l’information tandis que le journaliste citoyen est le spécialiste qui disserte dans son domaine parce que personne ne peut mieux parler de soi que soi-même.
Quatrième et Cinquième pouvoir
Je voudrais revenir, pour terminer, sur une remarque qui m’a un peu surprise : pourquoi parler de quatrième pouvoir pour la presse? Pourquoi serait-elle un pouvoir?
Je répondrai tout simplement qu’en révélant certaines informations, certaines vérités, la presse a le pouvoir de changer certains acquis ou certains non acquis. Je ne développerai pas ici l’exemple du Watergate, mais le citerai simplement parce que c’est le plus connu.
Et maintenant, pourquoi parler de cinquième pouvoir à propos du journalisme citoyen? N’est-ce pas plutôt un contre-pouvoir?
En effet, nous pouvons dire que le journalisme citoyen est un contre-pouvoir parce qu’il a le pouvoir de faire pression sur le journalisme professionnel. C’est ainsi que durant cette campagne présidentielle, des journaux ont été obligés de rectifier non pas certaines erreurs, mais certains mensonges. Mais, un contre-pouvoir n’est-ce pas un pouvoir? Puisqu’il a le pouvoir de contrer, je répondrai donc positivement.
De plus, j’ajouterai qu’au niveau local, il a le pouvoir de révéler certaines informations avant les journalistes professionnels. C’est ainsi qu’il doit être encore plus considéré comme un véritable pouvoir. C’est aussi pour les citoyens le pouvoir de s’exprimer librement.
En suivant la hiérarchie, c’est donc bien le cinquième pouvoir. Mais, si le quatrième pouvoir ne peut pas effacer le cinquième, ce dernier ne doit pas chercher à tuer le journalisme professionnel. C’est pourquoi nous ne devons pas chercher à enlever aux citoyens le droit de s’exprimer et c’est aussi pourquoi nous aurons toujours besoin de journalistes.
« Si trolleur était un métier, on n’en finirait pas de s’enrichir! »
Richard Patrosso, avec une pensée pour Michel Audiard et « ses cons en orbite ».
Suite à la réponse de Bozz, je me dois de répondre une dernière fois. Une dernière fois parce que je me refuse d’entretenir ce que nous pourrions appeler le « trollisme ». De plus, ma réponse aux remarques a déjà été rédigée et je n’ai pas à la préciser une éternité de fois. Je ne suis pas commentateur, mais rédacteur d’AgoraVox.
Bozz acceptera que je poste à la fois ma réponse sur AgoraVox et mon blog parce qu’elle est bien plus lisible sur ce dernier.
bonjour,
je me dois de répondre en partie à vos remarques (en partie seulement car
je manque cruellement de temps, désolé)
"C'est vous qui le dites et je ne discute pas de cela parce que je ne suis
pas historien. Par contre, j'ajoute que si « la volonté était d'exploiter
[...] avant d'exterminer » alors l'objectif était bien d'exterminer tout
comme je l'ai écrit dans ma réponse. Votre remarque ne fait que consolider
ma réponse et mon avis personnel."
non ce n'est pas moi mais la communauté scientifique,
Clarification : Je ne prétendais pas que vous inventiez, ni que vous étiez le seul à défendre cette hypothèse.
cependant "si le
régime de l'époque avait pu éliminer tout ce qu'il considérait comme race
inférieure, il l'aurait fait" est tout simplement faux puisque ce régime a
eu des milliers d'occasions de tuer cet homme (en l'arrêtant, en
déportation, lors des transferts etc...) mais il ne l'a pas fait (-je pense
que votre compréhension de ce système vient beaucoup trop de films tel la
liste de Schindler qui montre des choses marquantes mais fausses comme le
meurtre aléatoire par le directeur du camps à la carabine ou l'abus sexuel
par ce même directeur....), l'objectif n'était pas là.
Comment affirmer que ce régime n’aurait pas exterminé tout le monde alors qu’il a eu une fin? Nous ne pouvons pas nous arrêter sur le futur qui n’a pas eu lieu. Mais là n’était pas ma remarque. Ce que je voulais vous faire remarquer, c’est que lorsque vous dites : « la volonté était d'exploiter
[...] avant d'exterminer » alors l’objectif était bien d’exterminer comme je l’ai dit. La logique reste la logique. Seule la mauvaise foi peut le nier.
"Pour ma part, je ne pense pas comme la pensée commune. En revanche, ce
n'est pas pour autant que je dois la nier. Le pensée commune est un fait.
Comment être journaliste ou journaliste citoyen et nier les faits ?"
erreur grave la "pensée commune" n'est pas un fait mais l'appréciation de
faits, nuance fondamentale !! si vous voulez relater la pensée commune
faite-le mais sans lui donner l'aspect d'objectivité qu'elle n'a pas . ici
le fait est la shoa ou l'extermination volontaire et planifiée de millions
d'êtres humains rien de plus !
Non, la pensée commune est un phénomène. C’est donc une réalité. « Fait » était ici synonyme de « réalité ».
et bien je l'ai lu plusieurs fois votre texte, justement pour vérifier son
incohérence et je suis navré mais les erreurs contenues dedans (ou
approximations) et vos justifications les mettent encore plus en évidence,
ce n'est pas grave seulement vous faites comme l'immense majorité des
journalistes les mêmes raccourcis et simplismes alors que les sujets
abordés sont très complexes et ne tolèrent aucunement l'approximation (on
ne demande pas à un plombier d'opérer à coeur ouvert sans avoir passer un
certain nombre d'années à apprendre la chirurgie, je trouve que cela
devrait aussi être la même chose pour les autres sciences -ou alors il faut
utiliser les précautions d'usages et ne pas s'avancer)
Je trouve cette remarque déplacée, sans intérêt et paradoxale. Je laisse Descartes vous répondre que l’Homme choisit l’erreur (ce que vous faîtes) afin de manifester sa liberté et Sartre vous dire que vous êtes de « mauvaise foi ».
finalement je passe peut-être pour un emmerdeur mais je vous assure que
nos concitoyens (surtout les plus jeunes) ne font plus la différence entre
la réalité et la perception qu'ils ont de cette réalité, il suffit de voir
les qualificatifs donnés à Sarkozy alors qu'en toute objectivité, il est
très loin d'un faschiste ou nazi, à force de vider le sens des mots on
annihile leur signification.
Je ne laisserai pas les supporters de l’UMP venir polluer un article (aussi boiteux soit-il à cause d’une seule phrase fausse) à la mémoire de Liviu Librescu.
Quand à Sarkozy, il ne récolte que ce qui l’a semé. Si être républicain, comme il l’affirme, c’est seulement se présenter aux élections démocratiques alors il est tout aussi bien lepéniste dans la logique sarkozienne puisqu’il ne combat pas les idées de Le Pen, mais les reprend à son compte. Je ne suis pas sartrien, mais sur ce point le Philosophe a bien raison : l’homme se définit par ses actes. Et donc ses paroles. Ainsi donc, Monsieur Sarkozy mérite tout ce qui est dit sur lui. Mais plus encore, je dirai plutôt que c’est un véritable prostitué parce que pour arriver à ses fins, il penserait n’importe quoi. Je suis de ceux qui pensent que la fin ne justifie pas les moyens et je referme ici cette parenthèse sur un homme qui ne mérite pas sa place dans ce sujet.
cordialement
informez mais de grâce ne prennez plus l’air du temps pour une vérité. merci
Il est vraiment mal me connaître de sous-entendre que je prends l’air du temps pour une vérité. Je sais que la notion de vérité n’est pas simple.
Et j’ajouterai que qu’il faut se méfier de tout ce qui est dit et écrit. Et je redis qu’il ne faut pas penser par Richard Patrosso, mais par soi-même.
Enfin, je conclus en précisant qu’il s’agit ici de ma dernière réponse. Le dialogue est une chose, le troll en est une autre. J’affectionne le premier, je hais le second. Dans un dialogue, chacun se remet en cause. C’est ce que j’ai fait en acceptant la remarque sur l’erreur des « camps de la mort », c’est-ce que vous ne faîtes pas en vous comportant comme si vous aviez écrit mon texte et ignoriez la finalité de celui-ci.
Vous pouvez répondre à cette réponse comme Narcisse se cherchait dans l’eau.![]()
Comme prévu, AgoraVox a publié aujourd’hui mon article Liviu Librescu : L’enfer fut pour ce héros dans lequel, je voudrais le souligner, je ne porte aucun jugement personnel et c’est pourquoi il est également en ligne pour l’Agence de Presse Étudiante Mondiale, qui a d’ailleurs modifié le titre, ce qui trahit un peu sa référence inspirée du titre d’un film de Don Siegel avec entre autres Steve McQueen : L’Enfer est pour les héros. En revanche, ma finalité était d’appuyer sur le fait que le Professeur assassiné a échappé à la Shoah et a finalement trouvé la mort là il aurait pu ne pas se trouver si contrairement à ses jeunes années, il avait accepté son destin qui était de partir à la retraite. Avec son courage, c’est aussi cet aspect de son destin qui a retenu mon attention.
Les lecteurs et les commentaires me font remarquer que contrairement à ce que j’ai écrit, le « héros » n’est pas un rescapé des « camps de la mort », mais comme je l’ai indiqué plus loin des « camps de travail ». J’accepte cette remarque même si pour moi, d’abord être déporté n’est pas acceptable et ensuite je pense que si le régime de l’époque avait pu éliminer tout ce qu'il considérait comme race inférieure, il l’aurait fait. Et c’est pourquoi j’ai été poussé maladroitement apparemment à écrire qu’il s’agissait d’un « rescapé ». Je dois reconnaître que pour moi, il s’agit surtout d’un « rescapé de la Shoah ». Mais ce qui est écrit est écrit et parfois nos écrits ne traduisent pas vraiment ce que nous pensons.
La deuxième remarque qui m’est faite cette fois ne relève pas de l’erreur, mais de l’incompréhension. D’abord, je précise que pour ma part, je ne fais pas de classement dans la barbarie ( : une victime est une victime de trop!) et ensuite comme je l’ai déjà souligné, je ne porte aucun jugement personnel dans ce texte, c’est pourquoi quand j’écris « l’horreur immonde, la plus terrible barbarie de l’Histoire de l’humanité que fût la Shoah », il ne s’agit pas de classification de ma part, mais de référence à l’expression « la bête immonde » et de me placer du point de vue de ce que je crois être la pensée commune: « la plus terrible barbarie de l’Histoire de l’humanité ». Si jamais, la pensée commune ne considère pas le nazisme et ses conséquences comme ce qui s’est fait de pire dans l’Histoire de l’humanité, alors j’accepte que ce soit une seconde erreur. Mais, je dis bien « la pensée commune ». Je ne parle pas de certaines pensées de certains spécialistes.
Enfin, pour conclure ces explications sur l’article, je voudrais ajouter que je ne connaissais pas Liviu Librescu avant sa mort. Quelques articles m’ont inspiré : ceux de LCI et de LaCroix.fr qui sont le même et celui d’Ilan Tsadik pour DesInfos.com qui est un site que je ne connais pas. Tous ces articles ont été connus de moi par Google Actualités. Je me suis également renseigné comme à mon habitude sur Wikipedia, mais j’ai trouvé cette source bien faible. En revanche, je ne me suis pas livré à du plagiat et c’est peut-être la raison de certaines erreur et incompréhension maintenant réparée et expliquée.
Pour ce qui est du Darfour, je ne crois pas qu’il soit possible de dire que je n’en ai jamais parlé. Il n’y a qu’à parcourir ce blog. Et pour de nouvelles remarques sur le Darfour, je recommande le dernier bloc-notes de Bernard-Henri Levy une nouvelle fois consacré à ce sujet.
Une journée est passée depuis la publication de mon article sur l’histoire de Ghofrane et il appartient maintenant à moi de conclure le débat. Parce qu’on me demande et parce qu’à la lecture de certains commentaires, je me dois d’apporter quelques précisions. Je sais bien que l’article lui-même répond à certains de ces commentaires, mais apparemment mon intervention est nécessaire.
L’article : Comme je l’avais écrit dans une note très récente de ce blog, j’ai lu le livre de Monia Haddaoui, la mère de la victime Vendredi soir. J’ai connu l’existence de ce livre par hasard et l’ai acheté aussitôt.
Si j’en ai fait un article, c’est parce que le procès s’est terminé Vendredi dernier : il s’agissait donc d’un sujet d’actualité puisque les journaux citoyens n’éditent pas le week-end.
Si cet article ne fait que « décrire » comme est la finalité d’un article professionnel, j’ai jugé nécessaire sa publication dans le journalisme citoyen parce que ce dernier ne peut se passer d’évoquer une telle histoire. Ce n’est donc pas un article de plus, ni un article de trop. Ce n’est pas non plus un article politique, mais neutre afin de laisser le lecteur internaute juger par lui-même.
L’histoire : L’article a suscité beaucoup de réactions sans grands débordements pour autant. Cependant quelques remarques furent absurdes ou erronées et je voudrais dire que pour ma part, je ne juge un fait que quand je le maîtrise. Quand je ne connais pas, je n’exprime pas un jugement infondé.
Les prénoms : J’ai lu certains commentaires prêtant des prénoms aux accusés. Pour ma part, j’ai lu le livre Ils ont lapidé Ghofrane dans lequel ils ne sont pas nommés, mais sont appelés "P1", "P2" et "P3" et je me suis renseigné avant d’écrire mon texte. Dans l’article Ma fille a été lapidée rédigée par Anne-Noémie Dorion pour France-Soir le 25 Novembre 2004, les mêmes prénoms donnés par les commentaires sont déjà évoqués, mais à la fin de l’article, la journaliste précise : « Les prénoms des témoins ont été changés » parce que mineurs au moment des faits.
La lapidation : Suite à la publication de mon article par AgoraVox, j’avais déjà consacré une note sur ce blog à l’utilisation de ce terme dans mon texte. Comme je l’ai fait dans ma chronique pour l’APEM, je redis ici que la lapidation vient du terme latin « lapis », qui vient lui-même du verbe « lapidare » qui signifie « tuer à coups de pierre ». J’ai lu certains commentaires répétant que « Ghofrane n’a pas été lapidée, mais tuée à coups de pierres ». Je dirais plutôt que « Ghofrane a été lapidée parce que tuée à coups de pierres » puisque « lapider » signifie « tuer à coups de pierres ». Soyons logique et sortons de la pensée unique inspirée d’un préjugé sur la Religion musulmane! Quand les Romains parlaient latins, ils ne dissertaient pas sur Tariq Ramadan. Personnage sur lequel je ne porte aucun jugement personnel puisque je ne connais pas ses thèses.
« Pierres de plus ou moins deux kilos » : Un commentaire remarquait ce point du texte. Il n’est pas de moi, mais de Michèle Fitoussi dans son article L’Horreur à visage nu pour le magazine Elle du 29 Novembre 2004. Texte dans lequel la journaliste écrit : « Ghofrane Haddaoui […] a eu le visage littéralement défoncé, à coups de grosses pierres pesant près de deux kilos ».
Je dois reconnaître que j’ai été moi-même étonné de cette affirmation, mais si dans mon article, j’ai écrit « lapidé par trente et un coups de pierres de plus ou moins deux kilos », c’est parce que d’abord, je refuse d’affirmer que les pierres pesaient bien deux kilos et ensuite, parce que je m’étais rendu il y a deux ou trois ans sur le terrain où a été assassinée Ghofrane afin d’assister à une course de cyclocross (Championnat régional) tout en ignorant à l’époque l’existence d’un tel drame. Et comme je me souviens qu’il était difficile de marcher sur ce terrain à cause de nombreuses pierres pouvant effectivement atteindre les deux kilos, je peux croire que ce fût avec de telles pierres qu’elle fût assassinée. Enfin, pour fracasser une boîte crânienne, il faut utiliser autre chose que seulement trente et un cailloux.
« Une oreille droite taillée, le lobe de l’oreille gauche arraché à vif, les lèvres éclatées, les dents cassées, un trou à la tempe gauche par lequel l’œil fût déplacé, les doigts de la main gauche écrasés dont l’annulaire broyé, les côtes brisées, le crâne fracassé par une trentaine de coups laissant trente et un trous » : Si ce passage est en italique dans mon texte, c’est parce que c’est la retranscription modifiée d’un extrait d’une partie du livre de Monia Haddaoui qui est le suivant :
« […] Mais une fois face à elle, le monde s’est écroulé. C’était catastrophique. Ghofrane avait été massacrée. On avait taillé son oreille droite et arraché à vif le lobe de son oreille gauche. Ses lèvres étaient éclatées, et on lui avait cassé les dents, qu’elle avait pourtant si belles. Elle avait un trou à la tempe gauche, par lequel son œil avait été déplacé. Tous les doigts de sa main gauche avait été écrasés, et particulièrement l’annulaire, qui avait été littéralement broyé. Ses côtes avaient été brisées, et elle portait des hématomes sur le torse. Le médecin légiste l’avait rasée, et elle était marquée des entailles de l’autopsie. Mais surtout, son crâne avait été massacré. On pouvait voir l’impact de trente et un coups à la tête. Trente et un trous. En la touchant, j’ai senti de petits morceaux d’os se déplacer sous la peau.
Selon le rapport d’autopsie, elle aurait agonisé entre dix-huit et vingt-quatre heures. Les herbes avaient été foulées et couchées autour de son corps. Elle avait cherché à échapper à ses bourreaux, sans y parvenir.
Ghofrane signifie « le pardon »… Mais j’ai su en voyant ma fille que je ne pourrais jamais pardonner cette atrocité… […] »
Ils ont lapidé Ghofrane, Monia Haddaoui et Anne Bécart, « La morgue », pages 18-19.
Je sais qu’il y a des gens qui ne font pas confiance à l’Internet. C’est par exemple le cas de tous les professionnels de la Recherche que je rencontre. Pour ma part, quand je veux savoir quelque chose, je n’ai qu’un réflexe : l’Internet. C’est pourquoi je recommande à tous ceux qui voudraient en savoir plus sur Ghofrane le site de l’association créée par sa mère et qui porte son nom.
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